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 [RP] De la faux à l'épée

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Lucius
Brigand en herbe
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Nombre de messages : 5
Localisation : Langres
Date d'inscription : 18/11/2011

MessageSujet: [RP] De la faux à l'épée   Sam 19 Nov 2011, 16:13

Lucius devait le reconnaître: devenir brigand n'était qu'une question de temps. Oh ce n'est pas qu'il n'avait pas essayé d'être honnête, loin de là. Il avait été un paysan modèle, un citoyen exemplaire, et un artisan sans reproche. Tout ça pour quoi? Pas grand chose. Toujours il s'était heurté à ses compatriotes. Pas physiquement, non. Mais économiquement. Son idée du commerce était pourtant des plus louables! Vendre à prix quasi-coûtant, et proposer des salaires mirobolants. En effet, le premier champ ne sert guère qu'à se nourrir, le second à payer les taxes. Les matières premières sont si chères, et les salaires si bas! L'idée, qui aurait permis, si partagée par tous, d'être riche et de ne jamais manquer de nourriture de qualité, se heurtait à l'avarice à court terme des vendeurs. Tous préféraient tenir que courir, ce qui, pour une fois, était une stupidité. Langres aurait pu acheter les fruits et légumes les moins chers, en contrepartie d'emplois sinécures pour tous. Seul, cela revenait à être un pigeon. Tant pis pour eux.

La véritable indépendance viendrait-elle avec l'artisanat? Même pas. Les commandes ne se bousculaient pas, malgré ses prix forts honnêtes, 150 écus une épée tranchante pour plus de 200 en temps normal. La cupidité de ses pairs l’écœurait. Les impôts bimensuels sapaient déjà un peu la jovialité du forgeron. La fin vint en deux coups, assénés avec une rudesse implacable.
Le premier fut une commande de la mairie pour une arme, avec fournitures payées. Hosanna! Un petit moment. Mais à force de discussions, il apprit que proposer l'arme à 138 écus était considéré de l'aveu même des autorités comme une marque de bêtise. Il fallait, à les en croire, faire comme les autres et prendre tout l'argent du mandat. C'était pourtant l'argent de nos impôts! Scandaleux. Pourtant, Lucius le fit. Il prit les 144 écus, se disant que finalement, ce n'était pas la peine de négliger une rentrée supplémentaire.
Par la suite, la dame qui avait commandé avait elle-même revendue l'épée à un noble crédule, qui l'a lui, payée 200 écus sonnants et trébuchants, et se vantait d'avoir fait une affaire honnête. Qui était le plus bête au fond, lui ou moi? Difficile à dire.

Le second fut l'arrivée des taxes ducales! Cinq pour cent de tout qui sortait de notre poche pour aller dans celles du Duché, déjà bien alimenté par les impôts et les meilleures marchandises qu'il rachetait au plus bas prix, privant les villageois du juste fruit de leur labeur.
Quand vinrent les brigands qui prirent la mairie, Lucius sut que sa vocation allait changer. En taverne, il rencontra deux brigantes aux paroles ensorcelantes et dans le même temps, deux défenseurs loyaux de la cité. Le contraste fut si net, la vérité si évidente, que sa décision fut prise.

Première étape, il vira avec perte et fracas les usurpateurs qui commençaient à lever des impôts au hasard dans la population. Cette sorte de brigandage avait le don de l'énerver. Au moins le précédent avait-il eu, avant de partir, la courtoisie de fixer les rachats de la mairie au taux le plus haut, et de nombreuses places de milice bien payées, pour faire profiter la population. Lorsqu'on était à la place de profiteurs, il convenait de partager avec les moins riches. C'est du moins la vision du brigandage à la Lucius. Trois pièces dans sa poche, mais quand même une petite dans celle de l'opprimé.

Seconde étape, trouver des compatriotes. Ce fut plus facile qu'il ne l'aurait cru, l'emplacement de la grotte semblant aller de soi. Là, parmi des individus tantôt franchement louches, tantôt ouvertement nantis, il alla jusqu'à une grande salle commune, proche de l'entrée, et s'assit à une table, sous le regard de gens qui le considéraient avec un brin de condescendance, comme pour tout nouveau, mais curieusement pas avec le mépris du hors-la-loi. Un peu de curiosité, aussi, et de respect pour celui qui avait osé franchir l'entrée du repaire. Tout cela dura une seconde, puis tous retournèrent à leurs occupations. Il était comme un animal domestique qui revenait à l'état sauvage dans une meute. Encore porteur de l'odeur de l'humain, mais plus pour longtemps.

Il ne lui restait qu'à attendre, regardant tour à tour chacun des présents. Partir sur les routes avec un groupe ou au moins un compagnon était son avenir. Son destin allait venir à sa rencontre. Sous quelle forme?
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