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 [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux

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Eurydice
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MessageSujet: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Sam 06 Juin 2009, 17:52

[ Dans un incertain futur proche ]

Aux abords d’une grotte, une jeune femme. Encapuchonnée, une légère épée au côté, une belle dague ouvragée de l’autre, vêtue de vêtements de voyage de relativement bonne facture, elle observait. Et pour le faire mieux encore, elle découvrit sa tête, laissant le soleil caresser son visage pâle aux joues creusées et aux yeux cernés encadré par une chevelure sombre. Sa cape glissa un peu de son épaule, laissant apparaitre des galons de soldat de l’Ost ainsi qu’une besace dont dépassait ce qui semblait être un ours en peluche. Dans sa botte, une dague plus grossière, mais tout aussi efficace prenait du repos. Eurydice était arrivée à son but.

Elle leur avait faussé compagnie, cela faisait deux jours qu’elle errait aux alentours de la grotte. Une hirondelle lui en avait indiqué le chemin, mais elle n’osait y entrer. Sa place était elle ici ? Sans doute, étant donné que lui y était. Elle passerait le cap, bientôt, elle entrerait et le trouverait et, ensuite, il comprendrait qu’elle n’irait nulle part ailleurs. Enfin, bientôt, bientôt, il faudrait déjà que ses jambes acceptent de la porter jusque là bas. Entre la peur de l’accueil qu’il lui réserverait et le fait qu’elle n’avait rien avalé depuis deux jours, ses guiboles se faisaient bien faibles. Elle les laissa mollir et s’assit à quelques dizaines de pas de ce qu’elle avait repéré comme étant l’entrée, grossièrement cachée derrière un rocher. Ainsi installée, elle se mit à songer aux évènements qui avaient marqués les dernières semaines de sa vie.

D’abord, son départ, ça, ça n’était pas rien, elle en portait la blessure en son sein, celle qu’elle s’était elle-même infligée au cou s’était cicatrisée, laissant une boursouflure rosâtre en son endroit. C’était pour lui qu’elle était là, parce qu’elle savait qu’il n’y avait qu’ici qu’il pouvait être revenu. Elle était aussi venue, parce qu’avec ce qu’elle avait fait, sa place n’était plus au milieu des bien pensants, du moins le lui avaient ils fait comprendre. Faut dire que d’après ce qu’ils disaient, et ils le lui avaient prouvé, elle avait cramé la mairie et sa taverne. Elle aurait même défiguré un pauvre type, sans raison. Le gus n’arrivait plus à parler depuis et la regardait d’un air terrorisé.

Le truc gênant. C’est que de tout cela, elle ne se souvenait de rien. Alors, ils avaient retrouvé sa médaille de baptême dans les cendres fumantes de la taverne, couverte de sang et de suie. De nombreuses bouteilles de Chrysophernal éclatées, et pareil dans la mairie. Il est vrai que ça faisait pas mal… On avait aussi retrouvé sa chemise à moitié déchirée, tachée de sang et noire de fumée, ses traces de mains sur la porte de chez elle… Et ses propres mains et pieds couverts de coupures et de brûlures dont elle ignorait la provenance. Vrai, elle l’admettait, ça faisait beaucoup de choses contre elle ça, mais ça ne lui expliquait pas pourquoi elle ne s’était pas présentée à la garde du soir, ni pourquoi elle ne se souvenait de rien. Et puis, l’homme, c’était qui ? Il avait dans la joue, un trou fait par son épingle à cheveux. Et c’était bien la sienne, ça c’était sûr.

Enfin. C’était fini, elle avait été jugée et condamnée pour tout cela. Se rendant à l’évidence que c’était sans doute vrai, qu’elle était sans doute coupable et avait accompli sa peine sans mot dire. Elle n’était plus elle-même depuis ce jour, ayant par moment quelques absences, des souvenirs latents qui ne demandaient qu’à ressortir mais s’arrêtaient toujours aux portes de sa conscience. Elle avait pris la route avec son grand père et une amie, ils partaient en voyage lui avait dit son grand père. Soit, elle avait suivi. Mais dernièrement, elle s’était souvenu des indications et leur avait faussé compagnie. Il était hors de question que son évêque de grand père et son amie fraichement mère se retrouvent en ce lieu. C’est pour cela qu’elle était partie sans eux, en pleine nuit, ne pouvant prendre plus de provisions que ce que contenait déjà sa besace.

Et elle était là depuis deux jours, ayant fini ses réserves, fatiguée et plutôt effrayée. C’est qu’elle faisait la bravache souvent et que bien qu’ayant accepté le fait qu’elle avait fait tout cela, elle était mal à l’aise vis-à-vis des gens qu’elle avait aperçus, entrant et sortant de l’endroit. Entrera ? Entrera pas. Entrera ? Elle en était là de ses hésitations quand son ouïe perçut un craquement dans son dos.
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Chaos
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Sam 06 Juin 2009, 19:03

Chaos sortait de la Grotte, bredouille. Ce jour là, il n'avait rencontré personne d'intéressant, seulement des gens encapuchonnés comme s'ils étaient lépreux, et des ivrognes qui décuvaient. Même le tavernier n'était plus amusant à faire transpirer en s'asseyant à une table, face à ce qu'il restait du comptoir, et à le regarder en buvant une chope. Encore une triste journée qui s'annonçait, heureusement qu'il allait bientôt pouvoir voyager de nouveau, retourner à Genève pour récupérer ses économies et mettre à exécution son projet pour flatter d'avantage son orgueil. En attendant ce moment, c'était régime poisson tous les jours depuis... Une bonne semaine ? Ouais, et y restait encore deux bonnes semaines. Des lacs, on a l'impression qu'il n'y a que ça en Allemagne. Foutu pays !

Le d'Erzulie Dantor était dehors, vagabondant à l'extérieur de la Grotte, essayant de se repérer pour rentrer. Ouais ben il restait plus qu'à chercher de la mousse sur les arbres, ou demander au gus dont il apercevait la silhouette, et pas les formes. Il avance donc vers ce qu'il croyait être un brigand, soulevant une mince couche de poussière qui venait colorer ses bottes dont le noir d'origine avait disparu.

Toujours en avançant d'un pas naturellement silencieux, il remarqua que son futur indicateur avait un baluchon bien remplit d'où dépassait... Une poupée de chiffon ? En tout cas, de là où était le brigand, ça y ressemblait. Et comme un coup de pouce de la destinée, le vent souleva la bourse vide de chez vide de Chaos. C'était le moment de se renflouer financièrement !

Le genèvois saisit la dague qu'il avait subtilisé à la Tite Grenouille -pour une fois qu'elle sert à quelque chose celle là-, et s'approcha à pas de loup vers sa proie. Honte de brigander un autre brigand ? Non, c'est la loi du plus fort et de la survie.

A une poignée de mètres du baluchon, Chaos écrasa de tout son poids une branche morte. Encore un signe de la destinée, ou du Très-Haut qui mène la vie dur à une brebis égarée ?
Le brigand regarde le gus qui ne semble pas avoir entendu le bruit. Et puis, de toute façon, si il avait entendu, ils allaient jouer au chat et à la souris. Il continua donc d'approcher, marchant normalement cette fois, l'air de rien, ce qui faisait contraste avec la dague bien voyante qu'il avait dans sa main.
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MessageSujet: ...   Sam 06 Juin 2009, 20:03

tapis dans l'ombre , le triste sire avait suivi la belle depuis son départ de la ville ... etait elle au courant ? nul ne puis le dire , mais lui , le sans visage , lui ; etait au courant , au courant de cette folle nuit ... oui ... cette folle nuit ou les flammes scellerent le destin de la belle et le sien par la meme occasion , lui , le voleur de poule , sentait que le destin avait changé d'avis , et que de triste sire , il allait passer a grand seigneur , avec l'aide de Dieu ... soudain , un bruit ! et ce grand gaillard qui marche dague a la main ...
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Eurydice
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Sam 06 Juin 2009, 22:19

Elle sursauta en entendant le craquement et se retourna aussi vite que son état de fatigue le lui permettait. Un homme s’avançait vers elle, nonchalant, certes, mais une dague à la main. Ce n’était pas comme ça qu’elle envisageait l’accueil. Bon, elle savait bien qu’elle n’arrivait pas chez les enfants de chœur, mais la vision de ce jeune homme qui ne devait pas être plus vieux qu’elle n’était pas pour la rassurer. Mais que foutait elle donc là ? Cessant toute tergiversation, elle se leva, la main sur la poignée de son épée et le jaugea, comme sa marraine lui avait enseigné à le faire. Elle le détailla de la tête aux pieds, le cheveu gras, une cicatrice barrant sa joue gauche, un doigt manquant du même côté. Il était jeune, certes, mais avait roulé sa bosse. Lorsqu’il fut proche, le vent lui porta son odeur de vieille sueur rance, ce n’était pas l’endroit où il serait question de bain à la lavande.

Elle tenta un aimable sourire à l’homme qui s’approchait, cherchant en sa mémoire comment celui qu’elle venait chercher s’appelait.


B’jour, dites moi, je cherche… euh... et voilà qu’elle avait oublié, faut dire que sa mémoire, dernièrement, c’était un vrai fromage à trous… C’était facile pourtant, c’était… Je cherche le… quelqu’un qui se fait appeler… euh… Une insulte, un nom d’oiseau... Le… L’Enfoiré ! Elle avait trouvé ! Pourtant, ça ne lui semblait pas correct…

Avisant son interlocuteur que sa demande ne semblait pas intéresser plus que ça, au contraire de sa besace, elle sortit son épée, ou du moins voulut le faire. Elle se sentit alors sombrer dans un de ses nombreux moments d’absence. Depuis la fameuse nuit, cela lui arrivait souvent, et rarement au bon moment. Ses jambes fléchirent et elle chut, sa tête allant heurter la pierre qui était son refuge quelques secondes auparavant.
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Chaos
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Dim 07 Juin 2009, 15:58

Chaos serra davantage sa dague quand le gus qui était en vérité une jeune femme se retourna, puis il ralentit l'allure à laquelle il s'approchait d'elle en voyant que sa main se posa sur la poignée de son épée. C'est pas avec son petit couteau qu'il allait pouvoir se battre contre elle au corps à corps, mais il suffisait de lancer au bon endroit et le tour était joué.

Elle le toisait de haut en bas, et quand il fût à quelques mètres, elle grimaça. Bah quoi ? Tout le monde n'a pas de quoi se payer des bains avec des pétales de rose. Chaos portait ses vêtements tous les jours et toutes les nuits ; ils finissaient même par coller à sa peau. Bon d'accord, il piquera une tête dans un lac quand il y pensera.

La jeune femme commença à essayer de sourire, ce qui énerva un peu le brigand qui détestait l'amabilité, la solidarité et toutes ces vertus que prêchent les curés. Et en plus, elle lui demande une information sur un brigand. Il a pourtant pas la tête d'une taupe.

Le regard de Chaos se ballade plutôt de l'épée à ce qui dépasse de sa besace, puis sur des décorations au niveau de ses épaules. Une soldat ? Il avait touché le gros lot !

Apparemment, ses intentions furent découvertes puisqu'elle sortit son épée, l'air menaçant, avant de tomber au sol en se cognant la tête. Une trace de sang apparut sur la pierre. Elle était morte la demoiselle ? Chaos s'approcha au dessus d'elle pour s'en assurer. Il saisit ses cheveux, sans délicatesse, et les tira pour soulever la tête. Elle gardait les yeux fermés mais semblait respirer. D'un côté, tant mieux, il pourra sûrement lui trouver une quelconque utilité.

En attendant, il saisit l'épée, décroche son fourreau et l'accroche à sa ceinture. Enfin une arme digne de ce nom ! Il prit aussi la besace renfermant le nounours, et l'accrocha à son dos.
Une lueur vint se refléter dans l'œil du voleur. Une dague aiguisée et incrustée de pierre précieuse au niveau du manche était accrochée à sa ceinture. Sans hésitation, il la prend aussi et l'accroche avec son autre dague banale ; enfin, il lui arracha les galons de son uniforme pour les mettre dans sa bourse. Il en tira sûrement un bon prix. Finalement, cette journée à la Grotte n'aura pas été une journée de perdu ; ça court pas les routes des armureries ambulantes comme ça.

Chaos regarda une nouvelle fois le corps inerte, n'ayant pas l'idée de la fouiller d'avantage. Elle était physiquement pas mal, elle ferait un bon chiffre d'affaire dans un bordel -oui, tout le monde veut en faire une catin-. Ça tombe bien, y a Zarathoustra qui avait pour projet d'ouvrir ce genre d'établissement dans la Grotte. Et au pire, un brigand la voudra sûrement comme esclave. On en a jamais trop de ces machins là.

Le jeune homme saisit les bras de sa marchandise et commença à la trainer vers la Grotte. Ses bottes disparurent dans l'ombre de l'endroit, laissant une trace sur le sol.
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Eurydice
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Lun 08 Juin 2009, 17:55

Noir.

Encore.

Comme à chaque fois...
Un moment de vide complet, aucune sensation, rien.
Et ça durait…

Ça lui paraissait une éternité.

Enfin, des sons revinrent et un kaléidoscope d’images s’enchaina dans son esprit. Des visages, des visages, toujours des visages. Sa mère au visage pâle traversé de la rougeur pourpre de ses lèvres. Le fard avait eu raison de sa peau. Elle la vit distinctement. Puis elle vit l’homme, celui dont le visage n’était plus que plaies sanguinolentes. Mais son identité lui échappa, encore. Elle n’arrivait à mettre ni nom, ni provenance sur ce visage. Perdue dans la musique crépitante du bois qui craquait sous la force du feu, des flammes qui léchaient les poutres, des tissus qui s’embrasaient, elle restait amorphe. Ailleurs. Une poupée de chiffon.

C’est ainsi qu’elle se fit emmener à l’intérieur de la grotte, vers l'auberge.

Vraiment, son arrivée, elle ne l’avait pas prévue ainsi.


Dernière édition par Eurydice le Sam 13 Juin 2009, 01:27, édité 1 fois
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Boule
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Ven 12 Juin 2009, 11:07

[HRP] Étant sortis de l'auberge, (même si on est "pas sortis de l'auberge" ^^) je propose de reprendre ici[/HRP]

[De l'auberge à la piaule de la Boule ]

Aïe. Fallait qu'il aille chercher ce qu'il manquait. Un coup d'oeil sur la Fée, sur le vendeur, sur la catin...

Beh, t'viens, on l'embarque... et je te donne tout là bas, v'la déjà les écus.

Il lui balança une bourse bien rebondie, s'avança vers la gueuse, poussa le clebs et la posa telle un sac à patates (oui, oui, pas de patates, je sais ), sur son épaule. Il passa devant la Fée, jubilant ouvertement, et posa sa grosse main sur une fesse de la femme inconsciente pour la maintenir. Elle était pliée en deux sur son épaules, les jambes qui venaient taper contre le gras de son ventre, et ses cheveux défaits qui venaient masquer son visage pendaient dans son dos à lui.

Il entraina le Ko dans un dédale de couloirs, arriva devant une grossière porte qui masquait une belle anfractuosité de la grotte. De sous sa robe il sortit une énorme clef et fit jouer la serrure. Mécanisme relativement inutile étant donné que le chambranle n'était pas accroché au mur, mais encastré... Il déposa son fardeau sur quelques sacs de farine et alla décrocher deux jambonneaux et quelques poissons qui pendaient là. Il lui faudrait bientôt trouver d'autres provisions, la donzelle lui avait coûté cher... et il faudrait aussi la nourrir elle. Il donna le tout au jeune vendeur et alla chercher le tonnelet de vin promis.


Voilà m'sieur, comme prévu. T'nous laisse, là ? J'suis sûr qu'elle a plein d'choses à m'raconter... Enfin, seuls à seuls quoi...

Son estomac retentissait, plus fort que jamais.
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Petite Fée
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Ven 12 Juin 2009, 22:24

La Fée bouillait intérieurement de voir la Boule toucher ainsi à Elle. Et celui-ci ne faisait qu'en rajouter... avec cette saleté de mal de tête qui revenait. Il était déchiré entre le choix de la laisser entre les mains de la boule, de cette façon il en serait débarrassé, et d'aller l'aider.

Le bon choix ne prit pas beaucoup de temps à lui apparaître et il pivota sur ses pieds et revint en direction de la table. Passant devant un homme ivre mort, il lui enleva son chapeau. L'homme n'émit que quelques grognements de contestations, trop ivre pour essayer de se lever. Et puis, de toute façon, il en aura plus besoin. Se dirigeant plus profondément dans la taverne, il tourna en décrivant un arc, mettant le chapeau sur le bout de son crâne, empoignant la bouteille laissée là par l'Aveugle, et sortit de la taverne.

Répartissant le poids de son corps non pas sur ses talons, mais bien sur la plupart de son pied, marchant ainsi plus silencieusement. Technique développé au court de longue marche dans les bois, la nuit, évitant les maréchaux à sa recherche. Et ça semblait bien marcher, étant encore en vie aujourd'hui...

Il suivit Ko et la Boule de loin, faisant en sorte de rester le plus caché possible de la lumière des torches. De loin, il ne semblait suivre que deux ombres. Après un moment, les deux silhouettes s'arrêtèrent, et disparurent. Le Gros devait y avoir une planque. Petite Fée s'approcha de la porte, pas trop près, et s'assit à l'obscurité d'entre deux torche, dos au mur de la grotte. Descendant un peu plus le chapeau sur son nez, sa bouteille presque vide à la main, on aurait juré trouver là un ivrogne affalé là, égaré de l'auberge par l'alcool...

Et la Petite Fée attendait le bon moment, bouillonnant...
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Chaos
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Sam 13 Juin 2009, 13:57

Chaos attrapa la bourse que son client lui lança comme un os à un chien. Si ils n'étaient pas en affaire, il lui aurait renvoyé les pièces à la face avant de lui planter son épée dans le gras. Pour qui il le prenait ? Une catin qui a besoin de tendre les fesses pour gagner son pain quotidien ? Non, il a devant lui Chaos d'Erzulie Dantor, un brigand qui n'a jamais plié devant une quelconque autorité, qui n'a jamais demandé la pitié de qui que se soit, et qui est aussi orgueilleux qu'un noble.

Boule voulait maintenant l'emmener on-ne-sait-où pour lui donner le reste. Qu'il n'essaie pas de l'assommer sur le chemin, sinon, il lui couperait son cou après avoir entailler tout son corps à coup de lames.

Sur le chemin, le jeune homme avait gardé sa main sur le fourreau de son épée, prêt à démembrer la montagne qui se déplaçait devant lui si il décidait de se retourner trop précipitamment.

Plus tard, ils s'arrêtèrent devant une porte qu'ouvrit l'homme avec une clé, empila deux jambons et des poissons dans les bras de Chaos, alla chercher le tonneau de vin et lui demanda de les laisser. Il avait été payé, peu importe ce qu'il arrivera par l'avenir à cette femme ; qu'elle prépare les repas ou soit un amuse-gueule, peu importe.

Le brigand regarda le tonneau à ses pieds. Il n'allait pas le pousser avec le pied, il pourrait se percer avec toutes les pierres qu'il y a sur le sol. Il posa donc tout son attirail sur le récipient de bois, décrocha le sac qu'il portait sur le dos et le retourna pour le vider. Des vêtements s'étalèrent sur le sol, recouvrant l'ours en peluche, et une flasque d'alcool vint humidifier le tout. Il remplit le sac avec les jambons et les poissons, sans un regard vers Boule qui devait sûrement se demander si il pouvait garder ce qui jonchait le sol, et prit le tonneau dans ses bras.

D'un geste de la tête, il le salua, avant de se retourner et de sortir de la pièce. Là, un ivrogne semblait dormir, ce qui était courant. Chaos passa son chemin, sortant de la Grotte après cette journée qui fût finalement plus enrichissante que prévu.
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Sam 13 Juin 2009, 15:19

Enfin ! Il s’en allait ! Surveillant Ko du coin de l’œil, la Boule installa mieux celle qui était SA catin. Elle commençait à remuer un brin et mieux valait qu’il referme la porte avant tout. Avisant le contenu du sac sur le sol et les vêtements qui semblaient peu masculins, il ramassa le tout, reboucha la flasque qui commençait à se vider et fit un tas sur lequel trôna l’ours en peluche. Image pittoresque en ce coin de grotte fermé d’une paroi de bois, dans lequel étaient suspendues quelques denrées n’attendant qu’à être transformées en plats plus succulents les uns que les autres.

La porte close, le Gros se tourna vers son invitée, un sourire qu’il voulait avenant aux lèvres, s’apprêtant à être la première chose qu’elle verrait à son réveil. Il s’interrogea sur l’ours en peluches un moment, se demandant bien ce qu’une prostituée faisait avec ça dans sa besace. Un vestige de son enfance, sans doute. Une torche diffusait une vague lumière sur le visage de son acquisition. Il profita de ce moment de calme qui précédait l’éveil pour l’observer mieux.

Elle commençait à remuer sérieusement, ses yeux s’entrouvrirent sur lui…
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Sam 13 Juin 2009, 17:31

Sa main quitta les poils du chien, ou plutôt, le chien quitta sa main… Elle fut emportée, bringuebalée et déposée, poupée de chiffon inconsciente. Mais justement, la conscience ne demandait là qu’à faire son retour, affleurant à son esprit telle un papillon léger. Ses yeux commençaient à remuer sous ses paupières closes, assurance d’un prochain réveil.

Ses deux billes sombres furent donc bientôt libres d’observer alentours et se posèrent sur le visage joufflu de son acquéreur, descendant sur la robe de bure et remontèrent sur sa mine réjouie. Son esprit travaillait à vive allure, elle se souvenait avoir croisé un homme jeune et puant non loin de l’entrée et avoir sombré ensuite. Sans doute cet homme l’avait il recueillie. Elle porta la main à sa tête douloureuse, effleurant la croute séchée. Recueillie, mais pas soignée. Bon. Elle déglutit difficilement, la gorge sèche et s’adressa à celui qu’elle prenait pour un homme d’église.


Mon père ? Où suis-je donc ? Que s’est il passé ? Depuis combien de temps suis-je icelieu ?

Elle était toute fois rassurée de se trouver en compagnie d’un homme de bien. Elle se redressa doucement, prenant conscience que sa couche était constituée de sacs et qu’elle se trouvait dans une sorte de cellier. Ses yeux accrochèrent l’ours de son fils ainsi que ses affaires diverses. A y regarder de plus près, le visage du prêtre en robe de bure ne paraissait plus si amical et son sourire était plein d’une attente qui ne la rassurait plus guère. Elle se redressa mieux, ses jambes venant se replier sous elle et elle planta son regard dans celui de la Boule.
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Boule
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Sam 13 Juin 2009, 17:53

Mon père ?

Son sourire s'élargit un instant, devenant sans doute un rien inquiétant pour la jeune femme qui se recroquevilla et le toisa d'un air plus effarouché qu'aguicheur. Qu'elle était donc farouche pour une catin ! Soit, il la mettrait en confiance. Partant de son rire gras, tentant de prendre un air bienveillant, il soutint son regard.

Mon enfant. T'crains rien ici. J't'ai trouvée...


Où avait il donc pu la trouver ?

J't'ai trouvée dans un lieu de perdution... Et j't'ai amenée là pour t'soigner.

Ouais, c'était bien, ça, l'idée de la soigner, tout ça...

T'vas voir, t's'ras bien 'vec moi.

Elle avait l'air d'y croire, un peu, manquait plus qu'à lui faire comprendre qu'il fallait qu'elle aille lui préparer l'repas...


Pis t'vas m'faire la cuisine, ben ouais, parc'qu'c'est pour ça qu'j't'ai achetée quand même !


Et M**** ça lui avait échappé ! Pourquoi là justement ? Son estomac se rappelait à lui, bientôt deux heures sans rien ! Il faiblissait, il se sentait partir, bientôt il perdrait connaissance ! Tant pis, perdu pour perdu...

Dis, t'sais faire la bectance au moins l'catin ?

Ouch, le dernier mot ne lui avait pas plu, au vu de la lueur arrivée dans les yeux de la marchandise... Aïe Aïe Aïe... 'reusement qu'elle était faible hein, la greluche.... Elle était faible ? L'avait b'soin d'becter le gros, fallait qu'elle se résigne...
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Petite Fée
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Sam 13 Juin 2009, 18:30

Le vendeur avait quitté la planque avec un sac et ne semblait pas voir reconnu la Fée... Du moment qu'il était payé, il ne serait pas perdant de toute façon. Le vendeur ayant disparu dans un tournant, la Fée se releva, ajustant son chapeau de façon à voir. Erf, et la porte qui venait de se refermer.

Il allait peut-être en ressortir, en attendant qu'Elle se réveille. Mais malheureusement, à peine quelques secondes plus tard, une voix féminine lui vint à l'oreille. Elle était éveillée... Peu importe, peut-être l'assommera-t-il après s'être occupé de la Boule. Ou peut-être ne se ferait-il pas reconnaître, il était sale, mal rasé et portait des vêtements de voyages crasseux, alors qu'Elle devait être habituée aux vêtements coûteux qu'il s'était acheté avec les gains de la prise de Montpellier. Mais ne pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, il devrait d'abord rentrer dans la planque.

Petite Fée dégaina lentement son épée, silencieusement. Un bruit métallique aurait tôt fait d'alerter tout brigands qui se respectes. Une fois ceci fait, il n'eut autre idée que de cogner à la porte... à quatre reprises. Il se tenait prêt, une forte poigne sur le manche de son épée.


Toc toc toc toc.
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Eurydice
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Sam 13 Juin 2009, 18:49

Il parlait vraiment mal pour un prêtre, le gros.... Ce fut sa toute première pensée lorsqu'elle l'écouta parler. Il l'avait donc recueillie, bonne nouvelle, elle serait entre de bonnes mains ? Rassurée un rien, elle continua d'écouter le prêtre à l'élocution qui aurait fait frémir les oreilles de son grand père.

Lui faire sa cuisine ? Elle fronça les sourcils, c'était pas pour ça qu'elle était là ! Non mais oh ! Elle venait Le retrouver, rien d'autre, et ça, on ne l'en empêcherait pas, ça non ! Se retrouver bonniche chez un curé, c'était vraiment pas dans ses plans... Bon, d'accords, ses plans tournaient court en ce moment. L'incendie, le voyage, les pertes de conscience...

Un sentiment ténu l'emplissait depuis son réveil, elle avait l'impression de L'avoir entendu auparavant, lorsqu'elle était dans ce monde que sa conscience ne parvenait toujours pas à dompter. Comme s'Il avait été présent... mais sans doute avait elle rêvé, cela eut été trop beau, et si c'était le cas, où était Il donc ?

Ses pensées furent interrompues par les paroles du gros. Achetée ? Catin ? Non mais il se prenait pour qui celui là ? Elle n'était en rien une marchandise ! Elle aurait voulu se lever, lui enfoncer sa dague dans la panse, sa main se porta justement à l'emplacement de sa dague, ne la trouvant pas. Son regard furibond fouilla les alentours pour tenter d'apercevoir ses armes, son épée se faisant également absente. Rien.

De toutes façons, elle se savait trop faible pour agir immédiatement, lui faire la cuisine... ce serait envisageable... mais que jamais il ne la touche... Elle n'appartenait qu'à Lui (et non, c'est pas le Très Haut, "Lui" ^^) et ne se laisserait toucher par aucun autre. Elle en était là de ses tergiversations et allait rétorquer, ou se résigner à lui préparer son repas lorsque quatre coups se firent entendre sur la porte, faisant tressaillir la Boule.
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Dim 14 Juin 2009, 01:57

Oufff... Elle semblait se résigner, s'abandonner à son sort. Tant mieux pour lui d'ailleurs, l'avait pas envie de se battre là, juste de manger... Pour changer. P'têtre que l'avait raison l'autre greluche, y s'rait pas capable d'lui faire du mal... mais la libérer, ça non. L'avait coûté trop chère sa marchandise. Elle avait vraiment semblé furieuse lorsqu'il avait utilisé le terme de catin, le Ko l'aurait il donc floué sur la provenance ?

Si elle ne voulait pas s'faire appeler catin, il aurait fallu qu'il lui demande son nom, mais c'est que là, en fait, il s'faisait timide un peu, il aurait bien voulu pas avoir à la forcer, qu'elle soit contente et tout... Il ouvrit la bouche, allant l'interroger, lorsque quatre coups portés à la porte le firent sursauter vivement. Il tourna la tête, lentement, très lentement, vers la paroi de bois et s'avança en sa direction.

Il ouvrit le judas, simple petite ouverture dans le bois en fait, maintenue par une grosse charnière, et observa l'extérieur. Il faisait sombre dans le couloir, il ne discernait rien. Sans que son visage ne quitte l'encadrement de la petite fenêtre, il tourna la clef dans la serrure, voulant ouvrir, au cas où ce soit un des chiards de la grotte qui serait venu lui réclamer un rien de bouffe.
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Petite Fée
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Dim 14 Juin 2009, 23:28

Le temps passait affreusement lentement pour Petite Fée. Peut-être la Boule savait que c'était lui qui cognait? Où peut-être sa planque menait à un autre dédale de passages secrets? Après avoir fréquenté depuis longtemps la Grotte des Joyeux Brigands, il n'en connaissait même pas tout les recoins.

Se faisant de plus en plus impatient, la Fée s'apprêtait à cogner de nouveau, mais une petite fente dans porte s'ouvrit, le faisant sursauter. Il n'avait pas prévu ça! Il était malin, le maroufle. Petite Fée resta un moment à fixer la fente, ne sachant que faire. Puis, sans même y penser, il leva son épée et l'enfonça dans la fente de la porte, l'enfonçant jusqu'à la garde qui vint se frapper contre la porte, puis la ressortit en grognant devant le peu qu'il pouvait faire, hurlant contre la Boule.


-Pleutre! Lâche! Ouvres cette porte, maroufle! Raclure! Dégénéré!*

Ces mots qui sortaient de sa bouche étaient quelque peu ironique, pour lui à qui l'honneur importait peu, ou pas du tout. Il recula d'un pas, et donna un coup de pied à la porte qui, n'étant plus verrouillée, rebondit contre la cadre de porte et s'ouvrit devant une Fée surprise, et en furie. Il en oubliait même son nom...

-Et tu croyais avoir eu le Salaud...

*Pas de panique les enfants, ces insultes ont été approuvés comme étant politiquement correctes par notre gouvernement
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Boule
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Lun 15 Juin 2009, 02:00

La Boule commençait à reculer, prêt à ouvrir cette porte lorsqu'un objet pointu non identifié, au vu de la vitesse d'arrivée, s'avança vers sa face joufflue. L'épée, car c'en était une, alla directement prendre contact avec son globe oculaire droit. Le fait qu'il était déjà en train de reculer lui sauva la vie, mais non la vue.

La lame effilée n'eut besoin de nul effort pour faire son office, laissant entendre un son des plus pittoresques, celui d'une bulle qui éclate et des chairs qui se déchirent. Le Gros continua son mouvement de recul, portant ses mains à son visage, hurlant de douleur. La porte acheva de le faire aller vers l'arrière, surtout quand elle vint s'écraser contre son visage avec une force telle qu'il tomba sur son séant.

Il eut un regard effaré vers l'embrasure de la porte ne discernant pas encore qui était là, bien qu'il ait reconnu la voix. La Fée c'était la Fée, il l'avait dit... Enfin, non, là il disait s'appeler... Le Salaud ? La Boule recula plus encore, la main sur son œil gémissant de douleur, et de peur. La rage qu'il avait senti dans la voix de son agresseur lui laissait entendre que l'achat de la catin n'avait pas été la meilleure idée qu'il avait pu avoir...


Pas touchée.... J'l'ai pas touchée... J'voulais juste qu'elle m'fasse à manger, moi...


Il eut un regard éloquent vers la dite catin et vers l'homme en furie. De douleur, ou de peur, sa robe de bure était trempée.
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Lun 15 Juin 2009, 22:31

Elle le regarda s'avancer vers la porte, elle réfléchissait à toute allure, son esprit ayant retrouvé sa vivacité. Comment pourrait elle le maitriser ? Elle ne serait l'esclave de personne et si elle devait un jour appartenir à quelqu'un, ce ne serait pas en étant considérée comme une propriété, ce serait de son plein gré et pas à ce simili prêtre en robe de bure. Il lui fallait trouver une sortie, et la sortie, il était devant. Elle le regarda observer au dehors et tourner la clef, ce serait le moment !

Elle se leva, saisit le tas composé de ses affaires, prêt à agir, à bondir au dehors, malgré sa faiblesse. À peine eut il tourné la clef dans la serrure qu'elle perçut un mouvement brusque et le vit reculer, l'éclat métallique était reconnaissable. Elle allait pousser un cri de surprise lorsque la voix qui beuglait se fraya un chemin jusqu'à ses esgourdes. Elle resta tétanisée, n'osant croire à cette présence inespérée.

Elle ne vit pas l'oeil du gros se faire détruire, ni ne perçut son hurlement de douleur. Elle était tournée vers la porte, en attente, tendue cherchant dans la pénombre, son visage, voulant s'emplir les yeux de sa silhouette. Elle le vit enfin, furieux, tel qu'elle ne l'avait jamais vu auparavant. Sa bouche ne prononça qu'un mot tandis que ses yeux cherchaient les siens. Seul l'ours resta dans ses bras alors que le reste de ses affaires se répandait au sol.


Toi...
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Mar 16 Juin 2009, 01:07

Son regard vint rencontrer le sien, à Elle. Et il resta à la regarder ainsi un court moment, avant de le détourner, regardant la Boule au sol, le visage ensanglanté. C'était dommage, la Boule était le genre de personne avec qui la Fée aurait pu avoir l'habitude de prendre une chope, à la Grotte. Mais Aristote en voulut autrement...

Aristote... était-ce encore l'une de ses manigances? Avait-il tenté de La faire souffrir, parce qu'il était redevenu brigand? La Boule n'était-il qu'un pion? Petite Fée n'en doutait pas un instant... Et en agissant ainsi, Aristote venait de lui donner un message clair: il ne pourrait vivre tranquillement, il payerait, jusqu'à qu'il ait pourrir en enfer. Mais Petite Fée n'avait pas peur, oh non! Il avait su dans quoi il s'embarquait: un duel entre lui, et l'être le plus puissant du monde! Mais il lui montrera, fera des choses avec Son monde! Qu'il ne peut faire avec la Fée, ce qu'il fait avec tant d'autre...

Déjà, la Boule semblait neutralisée. Il se faisait silencieux, mais Petite Fée ne pensait pas qu'il l'avait tué. Au moins dévisagé, c'était au moins ça. Il rengaina maladroitement, manquant de se couper un doigt, son épée qui portait encore la marque de combat dessus.

La Fée leva le regard vers Elle, la regardant mais évitant son regard, et surtout, évitant son cou, de peur de voir une quelconque marque cicatrice. C'est avec son regard en quelque sorte flou, qu'il tendit lentement sa main ouverte vers elle, et ne dit qu'un simple:


-Sortons, viens...
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Mar 16 Juin 2009, 15:43

Ces yeux... Elle serait restée indéfiniment ainsi, le regard plongé dans le sien à se perdre encore et toujours, mais il détourna la tête, bien trop vite à son goût. Elle ne réagit pas, immobile à s’emplir toute de son image, et s’il la laissait à nouveau ? Elle ne pourrait le supporter encore, mais elle ne le supplierait pas, ça non… enfin… elle n’en savait rien en fait, elle ferait selon l’évolution des choses, aviserait, agirait sans doute sans réfléchir, les actes irréfléchis, ça la connaissait.

Elle suivit son regard qui se posa sur la boule humaine. L’homme avait perdu le peu de prestance qu’il aurait pu avoir auparavant. Petite Fée paraissait en proie à de nombreuses interrogations, il avait choisi de partir et elle était là, comment allait-il le prendre ? Et dans ces conditions ? N’allait-il pas lui en vouloir ? Elle ne voulait pas grand-chose… simplement, Lui… Etait-ce donc trop demander ? Sans doute… Et… s’il ne voulait pas, vraiment pas ?

Son visage lui fit de nouveau face, mais elle avait l’impression qu’il la regardait sans la voir, ou la voyait sans vraiment la regarder, elle ne savait trop. Et remonta son col jusqu’à son menton, de ce geste qui était devenu une habitude ces derniers temps. Elle ramassa machinalement ses effets tombés au sol et posa ses doigts tremblants dans sa main tendue. Sa main ouverte, offerte à la sienne qu’elle saisit plus fermement, s’y accrochant, ayant peur qu’elle disparaisse et n’ait été qu’illusion.

A ce contact, elle sut, elle sut qu’elle avait fait le bon choix, qu’elle n’aurait pas pu ne pas venir, ni vivre plus longtemps sans lui. Elle avait eu raison de s’accrocher à cet espoir… Peut être… La jeune femme n’osait imaginer que peut être… Peut être il ne l’accepterait pas près de lui… Lorsque leurs mains se joignirent, elle se sentit envahie d’une chaleur telle qu’elle en eut le souffle coupé. Le voir avait déjà été un bonheur en soi, mais son contact n’avait pas de qualificatif assez fort pour être décrit. Elle ne dit rien, en étant d’ailleurs incapable, et se laissa guider par Lui. Elle lui avait offert sa vie, Il la guidait, et quand bien même il le réfutait, elle était sienne.
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Lun 22 Juin 2009, 18:43

Se faufilant dans les dédales de la Grotte, Maelle dans les bras, Petite Fée se dirigeait vers l'ancienne planque de la Boule. Ça aussi, elle lui servirait plus à lui, vu où il devait se trouver... Il avait laissé Sara dans la charrette, à l'extérieur, après l'avoir préalablement caché dans des buissons. C'était plutôt risqué, mais il n'avait pas eu le choix, la charrette ne rentrant pas dans la grotte. Évitant de trop paraître, allant même jusqu'à faire un long détour pour rester le plus loin de la taverne, l'endroit où il y avait plus de gens.

Arrivant près de la dite planque, la Fée déposa l'Aveugle, dos au mur. Il sortit une paire de clef, en inséra une dans la serrure de la porte et la déverrouilla. Se repenchant pour reprendre sa fille dans ses bras, crispé par la douleur que lui donnait sa jambe et son bras, il entra dans la planque. Il dit, pour la rassurer:


-Ce n'est que moi...

Déposant Maelle au sol, il se releva, regardant Eurydice avec ce même regard vide qu'il prenait maintenant, comme s'il voyait au travers d'elle. Il porta sa main à la dague, qu'il avait placé tout à l'heure à sa ceinture, la ressortit et la tendit à Eurydice.

-Tiens, je l'ai trouvé... Et, il y en a une autre.

Dès qu'elle eut prit la dague tendue, il tourna des talons, sortant de la planque pour chercher Sara. D'un pas boitillant, il traversa de nouveau la Grotte, par le chemin qu'il avait emprunté auparavant. En Sa présence, il ne pouvait faire autrement que de ressentir un mélange de bien-être timide, et un sentiment d'inconfort, que la présence de la dague n'avait fait qu'amplifier. Revenu à la charrette, il vit avec soulagement que Sara y était toujours. La soulevant de nouveau dans ses bras, il reprit pour une troisième fois le chemin. Sara était plutôt salement amochée, mais il n'avait de doute qu'Elle serait capable de la guérir, il n'en doutait pas une seconde...
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Mar 23 Juin 2009, 02:18

[ Juste en sortant de l’antre de la Boule ]

Elle se laissa mener par sa main, docile. Enfilant un dédale de boyaux de diverses tailles, Il l’amena à l’air libre. Ils n’avaient croisé personne, il faut dire qu’Il avait fait bien des détours en ce but. Il ne disait rien et elle n’osait parler, par peur de recevoir des reproches ou qu’Il la fuit à nouveau. Elle se contenta de cette présence silencieuse, intimidée par ce regard vide qu’Il lui accordait. Il semblait ne pas la voir, ne pas vouloir la voir. Elle aurait voulu lui hurler de la regarder, de la prendre en ses bras, de l’étreindre et pouvoir se blottir contre Lui, mais elle n’en fit rien. Déjà, Le voir, c’était une victoire.

Arrivés dehors, Il lâcha sa main, lui faisant signe de le suivre. Geste qu’elle ressentit aux tréfonds de son âme comme un déchirement, mais encore, elle ne pipa mot. Ils se rendirent dans les bois, non loin de la grotte, et Il lui indiqua sans mot dire qu’elle devait rester là. Elle s’assit sans comprendre et Le regarda partir, sans même se retourner. Elle fixa le dernier endroit où elle L’avait aperçu, encore hébétée par ces retrouvailles incongrues. Elle songea peu au prêtre éborgné, ressassant surtout en son esprit le visage de Celui qu’elle attendait. Enfin, un son, léger, elle ne réagit pas, tout d’abord, les yeux tournés vers l’arbre derrière lequel Il avait disparu, puis elle se tourna, lentement, pour Le voir approcher d’une toute autre direction. Le soleil avait avancé sa course, cela faisait plusieurs heures qu’elle était restée figée ainsi.

Il ne monta nul campement, ne fit nul feu et déposa simplement devant elle une couverture, quelque nourriture et une outre d’eau. Evitant toujours son regard, Il repartit. Non loin sans doute, du moins l’espérait-elle. Mais hors de sa vue et de son ouïe. Elle mangea sans appétit un morceau de pain, but quelque peu et se blottit dans la couverture, recroquevillée sur le nœud qui lui broyait l’estomac. Il revint, le lendemain, lui apporter à boire et à manger, le surlendemain et les jours qui suivirent aussi. Ils n’échangèrent pas un mot, dans ce silence lourd, lourd de son départ, lourd de ces mots qui n’arrivaient pas à sortir. Qui n’osaient pas sortir. La nuit, elle mettait du temps à trouver le sommeil et se réveillait tôt, transie par la rosée, arrachée à ses rêves où elle se voyait avec Lui, comme avant.

Il se déciderait bien à parler un jour ? Elle ne Le forcerait pas. Elle la forte tête, la gamine capricieuse, la chieuse tyrannique, elle, elle attendait, patiente. Chose qu’elle n’avait jamais connu auparavant. Mais pour Lui, elle attendrait tout le temps qu’il faudrait. Un soir Il arriva différent dans sa démarche, le parfum de l’alcool qu’elle lui connaissait bien l’accompagnait encore, mais elle sut que ce n’était pas la boisson la responsable de sa façon de marcher. Il boitait, Il était blessé ! Elle se leva et se précipita à sa rencontre, Le forçant à s’appuyer contre elle le temps qu’elle l’installe sur la couverture. De grossiers pansements étaient posés, l’un sur son bras, l’autre sur sa jambe. Le sang qui transpirait du bandage laissait envisager une blessure fort récente.

Sans réfléchir, elle déchira la seule chemise de rechange qu’elle avait, propre heureusement, ayant trouvé un cours d’eau non loin, elle s’était organisé une petite vie au fond des bois. Avec sa visite quotidienne, ça en était presque plaisant. Elle ressortit de ses effets, sa flasque qui contenait encore une petite dose de Chrysophernal. Armée de bandages propres, elle défit les imbibés un à un, nettoyant chaque plaie avec l’alcool de maïs, non sans en avoir donné à boire à la Fée auparavant. Les pansements changés, Il s’endormit et elle le veilla. Le lendemain, silencieux, c’en aurait presque été sacrilège que de briser ce silence qui les unissait autant qu’il les séparait, Il se leva, claudicant, lui indiqua de récupérer ses affaires et de le suivre. Ce qu’elle fit, sans chercher à comprendre.

Ce qu’Eurydice ne savait pas, c’est que le faux prêtre, qui ne s’était donné ce rôle que parce qu’elle l’avait pris comme tel, avait rencontré Petite Fée la veille. Rencontre qui avait tourné court, mêlant aussi bien X que Sara et Maelle à un combat sanglant. La Boule, l’esprit bien monté en épingle par celui qu’il appelait l’Isque, avait réclamé à la Fée le prix de la Catin. Il s’était bien entendu fait rire au nez, et X avait fini par faire feu sur le Voleur de Catin le manquant de peu. Le combat avait tourné court, X blessé au bras par Sara, la Fée ayant la dague de sa fille qui lui avait entamé le sien (de la main de la Boule hé, n’allez pas croire qu’elle a planté son père !) et la jambe entamée par la lame de l’arquebusier, le Gros, quant à lui, avait subit les assauts des bottes d’une Fée furieuse au visage, tandis que ses intestins répandus avaient connu la pointe de son épée… ainsi qu’une bonne partie de la lame.
La Boule n’était plus.



[ De retour dans l’antre du Gros ]

Discrètement, le pas lent de par ses blessures, Il l’entraina à nouveau dans le dédale de couloirs plus sombres les uns que les autres qui constituaient la grotte. Ses pieds connaissaient le chemin et de son bras valide, Il lui tenait la main, pour la guider, simplement. Il la ramena devant la porte de bois et sortit des clefs qu’Il fit jouer dans la serrure. Elle ne reconnut l’endroit que lorsqu’Il en ouvrit le battant, laissant apparaitre le cellier de la Boule. Cellier qui en fait était bien plus grand qu’il ne lui avait paru au premier abord, il faut dire qu’elle n’avait guère eu le loisir de le visiter, la Fée étant arrivée bien vite.

Elle lui lança un regard interrogateur et Il l’invita à entrer. Sans plus d’explication, il chercha un jeu de chandelles qu’il alluma, lui montrant la réserve, la Boule ayant prévu de quoi tenir un siège… pour un estomac comme le sien. (Oui, "bientôt manquer de réserve", pour la Boule, ça voulait dire n’avoir plus que deux semaines de rations à douze repas par jour ^^)


- N’ouvre à personne.

Et ce fut tout, tout ce qu’il lui dit avant de la laisser découvrir l’endroit de par elle-même, ayant compris au vu de la dose de sang sur les vêtements de la Fée, qu’il ne s’agissait pas que du sien et que la Boule ne viendrait sans doute pas se plaindre du pillage de ses réserves. La porte fut refermée, à clef, clef dont un exemplaire était accroché au mur, mais elle se garda bien d’y toucher. Elle prit ses aises en ce lieu, voulant le rendre agréable à Ses yeux, se disant qu’un endroit propre pourrait peut être l’aider à se sentir à l’aise. Elle découvrit une couche de paille recouverte d’un drap grossier, elle aéra et retourna les herbes sèches, en chassant la vermine, débusqua un drap propre, le Gros ayant visiblement l’habitude de détrousser des marchands. Elle réussit à donner un semblant de propreté et de fraicheur au lieu, l’action lui faisait du bien, lui permettait de ne plus penser. Elle avait promis d’écrire à bien des gens, mais ne le pouvait pas, elle y songeait, d’ailleurs et c’était de songer à le faire qu’elle avait promis, elle ne faillait donc pas à sa parole.

Il revint se faire soigner le lendemain, veillant à ce qu’elle ne manque de rien, mais elle avait tout le nécessaire, un filet d’eau suintant du fond de la cave. (ouep, solution de facilité^^) Ce jour là, elle fut surprise d’entendre à nouveau la clef jouer dans la serrure, elle se retourna, mi souriante mi craintive, et fut rassurée de l’entendre. Il recommençait à lui parler, par phrases courtes, certes, mais Il le faisait, bientôt, Il la regarderait, peut être ? Elle le regarda poser la jeune femme au sol, une jeune femme qui semblait plutôt mal en point recouverte de sang, le sien ? Elle attrapa la dague, machinalement, ne comprenant pas qu’Il l’ait en sa possession mais n’en tint pas plus compte. Elle allait lui demander de quelle autre dague Il voulait parler lorsqu’elle comprit qu’Il sous entendait une autre victime. Son regard fuyant, aveugle presque quand il s’agissait d’être dirigée vers elle, lui transperçait l’âme à chaque instant, mais, là, il était temps de penser aux autres, pas de s’appesantir sur son sort.

Lorsqu’Il fut sorti, elle prit l’Aveugle par les aisselles, et la traina difficilement jusqu’à la couche de la Boule, enfin, la sienne désormais. Elle la mit d’un côté, l’avantage étant que si la personne qui arrivait ensuite était fluette aussi, elles auraient largement assez de place toutes deux. Elle observa la demoiselle inconsciente, longtemps, lui trouvant un elle ne savait quoi de familier sans savoir mettre le doigt dessus. Elle lui nettoya le visage baignant la blessure de la tempe, rassurée de la voir peu profonde, le cuir chevelu étant endroit qui saignait abondamment. Elle la pansa en premier lieu, puis, retrouvant des gestes oubliés ces dernières semaines, elle se fit maternante. Telle qu’elle l’aurait fait avec son fils, elle déshabilla Maelle, à la recherche d’autres maux. La brûlure de la cuisse lui arracha une grimace, ce n’était pas beau à voir du tout.

La laissant en chemise sur la couche de paille, elle entreprit de chercher du suif, qu’elle trouva non loin des chandelles. Elle en étala généreusement sur la blessure et lui banda la zone blessée de façon à ce que le badigeon fasse effet. Il y avait certes des plantes qui existaient, mais de un, elle ne les connaissait que trop peu et de deux, où aurait elle pu en trouver ici ? Recouvrant la jeune femme d’une couverture, elle se retourna pour accueillir Celui qui faisait battre son cœur, portant une autre femme. Autant l’Aveugle faisait peine à voir, autant l’état de celle-ci l’inquiéta au plus haut point. Elle indiqua à la Fée l’endroit où l’installer qu’Il ne la dépose pas à terre elle aussi.

Elle lui indiqua comment Il devait la maintenir sur le côté pour qu’elle puisse atteindre l’arrière de sa tête sans qu’elle en souffre plus qu’elle ne devait déjà le faire. A bien y regarder elle se demandait comment la jeune femme pouvait encore être en vie. L’arrière de sa tête n’était qu’une plaie béante, des bris d’os se laissaient percevoir sous ses doigts explorateurs. Elle leva vers lui un regard désolé, ne sachant comment soigner ce genre de choses. Elle n’était pas encore médecin, simplement estudiantine, nouvellement qui plus était. L’inquiétude qu’elle vit dans ses yeux, non pas dirigés vers elle, mais vers les malades lui fit prendre conscience de l’importance des blessées pour Lui. Etaient ce donc de ses conquêtes ? Une bouffée de jalousie l’envahit, mais elle la réprima, tant bien que mal. Une mourante avait besoin de soin, aurait sans doute eu plus besoin de derniers sacrements, mais bon, elle tenterait tout ce qu’elle pouvait.

Le geste un peu tremblant, la blessure, ou plutôt les blessures n’étant ni nettes, ni belles, l'apprentie médecin n'était guère à l'aise. Elle n'avait encore jamais soigné quiconque mis à part Lui, et bien qu'autrefois elle Le menaçait de se faire son infirmière, elle n'aurait jamais imaginé l'être et pour Lui, et pour d'autres. Elle risqua un œil sur Lui, ayant un vague souvenir d’une fois où Il n’avait su que faire devant une blessée. Là n’était pas la question, Il était là et elle avait besoin d’aide.


- De l’eau, chaude.

La dague à la main, elle se demandait s’il fallait mieux lui couper les cheveux ou pas, hésitante sur la marche à suivre, ce qu’elle avait lu dans ses livres ne l’ayant pas, mais alors pas du tout préparée aux soins d’un crâne fracassé par les assauts d’un furieux enragé. Il lui faudrait des plantes aussi, beaucoup de plantes. Des pour la faire, les faire dormir, des pour calmer la douleur, en espérant ne pas se tromper…
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Mer 24 Juin 2009, 21:40

[Plongée dans ses songes]

Une sensation étrange, celle d’un soulagement. Enfin, Ko était mort, et cela grâce aux attaques combinées de Sarah et d’elle. Sa main avait été celle qui lui avait donné son dernier souffle, mais le dernier acte de Ko avait marqué la brigande à jamais. Une trace indélébile, qui lui rappellera ce combat final. Mais la chose qui l’apaisait et qui également l’inquiétait, était sa vue.

L’Aveugle l’avait retrouvée..Ses yeux bleus clairs allaient à nouveau percer ceux des individus et découvrir un monde qu’elle avait presque oublié. Elle allait devoir découvrir des visages, les associer à ces sons, ces voix…Et…est ce que sa vue allait tout changer..Vraiment tout ?

Les quelques jours, allaient être difficile…Mais elle avait survécue, c’était l’essentiel.

Maelle avait enfin trouvé Ce courage qu’elle avait tant de fois renié. Sa vue allait devenir sa force…Et elle espérait ne plus jamais avoir d’ennuie…Ko était mort..Le démon ne l’ennuierait plus.

[une douleur…]

Plongée dans ce repos si paisible même si préoccupant, la brigande émit un léger son…Un grognement de douleur, une grimace vient s’afficher sur son visage et la douleur à sa jambe revient peut à peu…ça lance..ça fait mal..ça brule encore…ça tire…

Gnnn…Sarah ?….La brigande ouvrit à nouveau ouvrit les yeux, pour de bon enfin. Elle se croyait à la Forge, mais fut surprise du décor qu’elle découvrit.

Une couverture la recouvrait, elle n’avait plus sa robe, et surtout elle était dans une autre chambre.

Soudain, elle fut arrêtée dans son analyse…La clarté était encore trop vive pour ses yeux…Une mine agacée, des yeux qui se ferment pour les protéger et une main qui vient toucher sa tempe pour la masser…
Sous ses doigts, elle sent un tissu, et hausse difficilement un sourcil interrogateur. Où était-elle, qui s’était permit de la toucher, et qui l’avait soignée…Maelle rallongea sa tête, sentant son crane trop lourd…Un mal de crane certain venait s’ajouter au douleur déjà existante.

La danseuse, se demanda si s’était son père qui était venue s’occuper d’elle. Même si elle ne doutait pas de ce lien de paternité, les deux êtres étaient tellement indépendants que avoir de la famille devait comme un espèce de lien, une obligation…Mais elle en avait cure, et cela la rassurait de savoir qu’au sein de la Grotte, la brigande avait un membre de sa famille à défaut d’avoir sa mère.

Maelle comprenait la rancœur de son père. Elle n’avait pas connu l’histoire qui s’était tramée entre les deux, mais il avait souffert à cause de sa mère, et elle savait que son visage lui rappelait sans difficulté celui de Aly’. Cependant, elle avait son père, près d’elle et son esprit possessif risquait de faire surface…Pas de donzelle autour de lui, il était Son père à elle et le partager avec une femme l’enrageait…
Mais, ce sentiment était étrange, car elle ne pouvait vraiment s’attacher à lui, entièrement…comme elle avait par ailleurs du mal à s’attacher à quiconque.

Elle tenta le tout pour le tout….et releva doucement son buste avant de parler…Un ton faible mais une forte envie d’être entendu…

Père ?...

_________________
fille de Annyah allias Alystrael et de Shinigami. (mort certainement...)Danseuse libre et indépendante..
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Sara Tancredi
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Jeu 25 Juin 2009, 17:05

Puis le noir…un noir intense…éternel… ?
L’éternité peut être, ou plus tard, ... son esprit divaguait hors de son corps, corps encore inerte…
Sara devait choisir entre la vie et la mort, choix difficile pour elle ; pour le commun des mortels c'était une décision simple... Choisir entre vivre une petite vie tranquille et une éternité au ciel ou en enfer. Ils préféraient garder ce qu'ils avaient, une vie plate....
Pour elle, il fallait comprendre ce qu'elle avait vécu, comprendre son mal qui la rongeait depuis si longtemps, maintenant…
La jeune femme vit défiler sous ses yeux sa vie en un éclair, elle se voyait à l’age de 12ans fuyant ce père qui était devenu fou, fou de voir sa fille grandir, devenir une jeune femme, de la voir ressembler de plus en plus à sa Mère. Son amour qui perdit la vie en la donnant à sa fille…
Puis en une fraction de seconde, la brune se retrouvait à Cahors, la plus belle période de sa vie, lors de la prise de celle-ci par Nilas et ses Amis… traînant plus dans les tavernes que dans le couvent, où la jeune femme était censée se reposer. Le bel oiseau fit des rencontres, qui chamboulèrent sa vie tranquille à jamais… Dans cette taverne se trouvait Hanort, qui devint rapidement son frère de cœur, et Tik, un homme pour lequel le cœur de la brune s’emballa…
Après une semaine, passée en leur compagnie, Sara rêvait à nouveau de liberté, de voyage, elle qui se sentait mise en cage ; mais la dure réalité de la vie la ramena à Castelnaudary, ou un homme l’attendait : Roland
Restant en contact permanent avec Han et Tik, la jeune femme ne pensait qu’à s’évader…
Quelques mois après, après avoir succombée au charme du brigand, la jeune femme se rendit à Rochechouart à la demande de Han. Rochechouart, ville ou la brune découvrit qu’elle portait le fruit d’un amour illégitime !
Tout d’un coup, les pensées désordonnées de la jeune femme, le menèrent dans une auberge, là où Sara avait faillit être violé par l’aubergiste, alors qu’elle était enceinte de quatre mois, mais rien n’arriva, Tik intervint à temps et le tua…
Ses pensées s’amusaient à faire des bons dans le temps, dans les grands moments de sa vie, voila qu’elles l’emmenèrent, à la grotte, première fois qu’elle y mettait les pieds, enceinte alors de huit mois, elle rencontra Aly’, jeune brigande un peu sauvage sur les bords, mais tellement attachante. Sara et elle devinrent vite amies, quand on en voyait une, l’autre ne devait pas être très loin…
Puis en un éclair, elle se retrouva dans la lisière d’une forêt, près d’une petite maisonnette, voila que la jeune femme se revoyait accoucher, la douleur était affreuse, mais oubliée en un instant, portant pour la première fois son fils : Alwin. Le petit garçon naquit pendant la prise de Montpellier… qui fit le bonheur de sa mère et son père, même s’il avait voulu le vendre à bris pour qu’il se fasse bouffer !! Hey oui, les gars certaines choses ne s’oublient pas et surtout pas celles la !
Un bonheur qui ne dura pas très longtemps, la mort d’Auguste, puis l’arrivée de Ko, jeune homme sur lequel elle devait veiller, mais qui se transforma en monstre après une rupture sentimentale… Puis… la mort de Tik, qui osait enfin avouer un sentiment envers elle, décidément le sort s’acharnait sur elle, voila que sa meilleure amie tombait après une altercation avec un soldat, lui laissant une nièce sur qui elle devait veiller …
La jeune femme se revoyait à ville Franche, blessée en taverne, blessée par une armée qui disait défendre la ville, belle défense en vérité, frapper lâchement une mère, seule, portant dans ses bras son fils. Encore une fois entre la vie et la mort… condamnée à rester le temps de sa convalescence dans une ville qu’elle voulait voir brûler !
Encore un bond, dans son passé, passé torturé, l’oiseau aux ailes brisés, voulant retrouver le goût de la vie, oublier ce qui la rendait malheureuse... elle prit des drogues. Un poison qui la mit dans un état second, sans savoir vraiment pourquoi elle s’énerva contre son frère, serrant les poings, la torturée planta ses ongles dans ses paumes, faisant couler ainsi le sang. Honteuse, depuis ce jour, elle donna peu de nouvelles, pourtant elle aurait aimé lui dire combien elle était désolée, combien il comptait… mais un nœud qui se serrait de jour en jour dans sa gorge, l’empêchant.
Elle n'avait pas eu le temps de le lui dire.... Et voila qu'elle était... où d’ailleurs ? Le noir... le noir revint... l'inconscience... quelle inconscience ... Finis ces flash back ? Pourquoi avaient-ils surgi maintenant dans son esprit ?
La brune voyait à présent un long couloir noir, entendant des bruits…bruits de pas qui venait vers elle… puis quelqu’un qui la soulevait... qui cela pouvait bien être ? Sara ressentait, entendait, mais de loin, elle se sentait partir, partir dans une contré inconnue…
Se laissant doucement aller dans les abysses, tombant de plus en plus dans un sommeil éternel… quelque chose la tourmentait, une personne qu’elle ne pouvait laisser, qui était sa chair et son sang… son fils ! Il fallait qu’elle se batte contre la mort pour son fils, comment pouvait-elle le laisser ? Han s’en occuperait c’était sûr, mais elle était sa mère, elle avait promis à Tik de veiller sur son seul fils…

Sentant à nouveau des bras la saisir et la porter, puis la poser sur une surface plate… La brune essaya de faire un geste en vain, pour faire comprendre qu’elle était encore en vie…
Sara tentait comme elle le pouvait pour remonter le tunnel, pour ne pas mourir, pas aussi vite… une voix dans l’ombre, une voix inconnue, une voix de femme qui parlait à un homme, lui semblait-elle .


De l’eau, chaude.

L’inconsciente ressentait la présence de plusieurs personnes, mais elle n’arrivait pas à savoir qui, elle avait du mal à saisir les paroles de la femme inconnue, que demandait-elle ? Qui était-elle ?
Sara tenta de réunir ses forces pour leurs faire un signe, puis arriva a bouger un doigt en direction de la voix… n’arrivant toujours pas à définir qui parlait et qui était à ses côtes, restant dans la confusion la plus totale.
Cherchant dans ses souvenirs, une femme dont la voix, dont elle n’était pas encore habituée… Leamance peut être ?
Un bruit diffus de voix se fit entendre alors qu’on la laissait reposer, l’impression d’avoir la tête enserrée fortement.
Soudain une autre voix, la fit tressaillir nerveusement, Maëlle ? Que faisait sa nièce ici ? Elle semblait perdue, ne pas comprendre où elle était, pourquoi appelait-elle son père ? Fée était là ?


Père ?...

La jeune femme croulait sous des questions que personne ne semblait entendre, ni vouloir répondre… elle tenta de prononcer un prénom, qui était toujours là pour la rassurer, pour épauler, qui lui manquait énormément… dans un effort surhumain et un souffle, restant les yeux clos…

Han… ? Léa…. ?

L'effort était tel que l'inconscience reprit le dessus... Une douce inconscience cette fois... De celles qui nous aident à supporter la douleur... de celles dont on revient...
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Eurydice
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MessageSujet: Re: [RP] Galons, ours en peluche et accueil chaleureux   Ven 26 Juin 2009, 15:15

[ Durant l’inconscience des Demoiselles ]

Elle reposa sa dague. Un léger mouvement de la blessée, furtif, faible au point qu’elle ne fut pas sûre tout d’abord de l’avoir perçu la rassura sur son état. Bouger, c’était être proche de la conscience. Il serait sans doute possible de ne pas sacrifier la chevelure de l’abîmée et de voir, si une fois nettoyé, l’endroit lui laisserait entrevoir le mal qui envahissait son crâne. Il lui amena l’eau demandée, et, délicatement, elle entreprit de nettoyer la plaie, les plaies pour être précise. Il n’y avait guère à faire que de nettoyer l’endroit, de verser quelque alcool puissant sur les chairs sanguinolentes et de lui faire un bandage serrée et propre.

Il lui faudrait le porter longtemps, même après cicatrisation. En effleurant l’endroit du bout des doigts, elle se rendait compte que la paroi crânienne comportait quelques brisures. Elle lança un regard éloquent à la Fée, lourd du pessimisme qui l’habitait quant à l’état de la brune. Elle nettoya et pansa donc la plaie, rapidement, craignant qu’elle ne s’éveille et ne souffre plus encore pendant les soins.

Prenant le reste d’eau, elle alla ôter de sa peau les traces sanguinolentes. Elle revint vers Lui, dont le regard ne quittait pas les deux blessées. Elle posa légèrement la main sur Lui, l’effleurant, voulant attirer vers elle Ses yeux. Il le fit, mais ce fut de ce regard qu’Il lui accordait désormais, un regard sans émotion aucune, sans qu’elle ne puisse y déceler quoique ce soit. Baissant alors les yeux, elle Lui demanda qui elles étaient dans un murmure. Comme une porte de sortie, Il saisit l’occasion pour regarder de nouveau les endormies. Il lui présenta Sara comme étant la marraine de l’autre, l’autre dont Il parla, et lorsqu’Il l’eut fait, elle ne put que répéter Ses paroles, le temps d’assimiler l’information.


- Une fille… Aveugle… Maelle.


Elle se laissa glisser au sol, la tension des soins donnés, le poids des informations reçues la firent choir plus que s’asseoir. Elle Lui demanda s’Il était venu pour elle, mais Il lui expliqua qu’Il ignorait son existence. Elle Le fit la rejoindre au sol, s’inquiétant pour Sa blessure à la cuisse. Il se tint peu proche d’elle, ne détournant pas le regard de Sa fille. Devant tant d’indifférence, elle finit par poser la question qui lui brûlait les lèvres, par Lui demander pourquoi Il ne la regardait pas, si elle ne méritait pas même un regard de Sa part. Silencieux un moment, Il déglutit avant de pousser un soupir. Il ne pouvait la regarder sans penser à la fois où, devant Lui, elle… Le silence finit la phrase, tandis qu’elle remontait son col, un peu plus, pour être sûr que sa cicatrice ne soit pas apparente.

La jeune femme se fit suppliante malgré elle, elle ne voulait pas, mais c’était plus fort qu’elle, elle Lui demanda d’essayer, de la voir différemment, d’un œil neuf. Il essaya, mais évita ses prunelles. Les dites prunelles d’Eurydice luttaient contre une marée salée ascendante qui ne demandait qu’à déferler. Elle esquissa un geste vers Lui, geste qu’elle ne termina pas, reposant sa main sur son propre genou.


- Regarde-moi…

Il leva enfin les yeux vers les siens, une partie de Lui voulant détourner le regard mais Il n’en fit rien. Muette, elle plongea dans l’abîme où elle aurait aimé se perdre, levant délicatement sa senestre pour L’effleurer à peine, caressant du bout des doigts Sa joue et Ses lèvres. Elle ôta sa main, comme prise en faute tandis qu’Il quittait ses yeux. Un filet de voix rauque s’échappa de ses lèvres pour Le supplier encore, Le supplier de la laisser vivre auprès de Lui, même si ce n’était pas avec Lui et malgré Son refus d’elle. Il lui dit ne pas pouvoir, qu’ils ne pouvaient pas car Il ne lui porterait que malheur.

Bafouillant, elle reprit, lui expliquant que sa vie avait cessé depuis son départ, elle entama maintes phrases, incapable de les terminer, baissant honteusement les yeux, ses mains se tordant ne voyant pas qu’il avait tourné la tête vers elle, sans qu'elle le demande, pour une fois.

Le malheur, c’était Son absence lui dit elle, elle avait cru devenir folle, s’était faite une compagne de la bouteille et avait commis des choses… Les mots se bloquèrent en sa gorge, elle déglutit, voulant les expulser, sans succès, fixant ses mains aux multiples cicatrices. Une autre paire de mirette vint se fixer sur ses membres abimés. Mirettes dont les sourcils se froncèrent tandis que leur Propriétaire l’interrogeait sur ce qu’elle avait fait. Elle lui exposa les faits, qu’elle aurait été responsable de deux incendies, qu’elle aurait défiguré un homme, ami de sa mère… Il fut interpellé sur le caractère conditionnel de ces allégations, ce à quoi elle répliqua qu’elle n’en avait nul souvenir mais que les preuves tendaient à dire que c’était effectivement elle.

Folle, possédée, incendiaire, ayant été volontairement malveillante, autant de qualificatifs dont elle avait été affublée dans le comté où Il l’avait laissée. On pouvait rajouter, alcoolique, mais ça, elle en était consciente. Certains avaient parlé de drogue aussi, elle lui expliqua tout cela. Il l’interrompit dans son énumération, lui demandant d’être plus précise sur ce qu’elle avait fait, ou plutôt ce qu’on lui avait dit qu’elle avait fait. C’était plutôt… simple, lors du départ d’un de ses filleuls, lieutenant de la maréchaussée de la ville accompagné de sa femme, la dite ville avait perdu deux personnes pour assurer des gardes régulières. Elle s’était donc proposée pour prendre la relève. Elle ne s’était pas présentée à la garde du soir d’après les dires des maréchaux. Elle aurait aussi été chez sa mère ce soir là. Eurydice observa un bref instant Petite Fée, intimidée et prenant une toute petite voix enchaina à vive allure, lui apprenant qu’elle avait bouté le feu dans Sa taverne, terme qu’Il modifia en Leur, la reprenant et dans la mairie. Balbutiant toujours elle s’excusa et fut stoppée net, le souffle coupé en sentant Sa main sur les siennes. Elle ferma les yeux un instant et les releva vers Lui.

Persuadé encore de n’avoir été que source de malheur pour elle, Il prenait sur Lui la responsabilité de ce qui s’était passé, ne lui reprochant rien. Se reprochant au contraire d’être simplement entré dans sa vie. Dialogue de sourds de deux êtres souffrants. Elle Lui rappela la promesse qu’elle Lui avait fait, celle, enfantine, naïve sans doute, mais ô combien sincère, de l’aimer toujours. Aristote leur refusait cet amour, c’est ainsi qu’Il expliqua les choses, Aristote ne voulait pas que Lui, Petite Fée, soit heureux. Elle Lui demanda de rester immobile et de se faire silencieux, elle ne voulait en entendre plus… S’approchant de Lui, à genoux sur le sol, elle prit entre les siennes, une de Ses mains, la posant sur son cœur. Ce cœur qui ne battait que pour Lui. La maintenant de sa sénestre, elle envoya sa dextre chercher Son autre main, l’effleura de ses lèvres qui n’attendaient que les Siennes. S’approchant un rien plus, elle s’arrêta à très courte distance de Son visage, lui murmurant ses sentiments. Sur le même ton, quoiqu’un brin d’aigu dans la voix, Il se renseigna, voulant savoir si elle serait prête à défier Aristote avec Lui. Prête à tout pour cela.

Tout ? Oui, sauf se perdre au point de ne plus être elle-même, tout sauf le quitter, sortir sa lame contre ceux qui lui sont chers et devenir comme sa mère, sinon, oui, tout. En prononçant ces mots, bien loin étaient les paroles qu’elle avait tenues à son autre filleul, le conseillant, lui enjoignant de prier, lui faisant la morale. Elle avait même été surnommée la prêtresse durant quelques jours, intransigeante. Mais devant Lui, plus rien ne comptait que Lui, Lui et Lui seul. Serait ce qu’Il l’aimait toujours un peu ? Elle qui était resté sur le cri du départ, la fois où Il lui avait craché au visage qu’Il n’avait plus de sentiment pour elle. Elle ferma les yeux alors qu’Il lui disait qu’il l’aimait encore, et plus encore qu’auparavant, savourant Ses paroles, dégustant cette caresse des mots. Il avait lui aussi trouvé réconfort en l’alcool, ce feu qui brûlait la gorge et noyait les sens était le seul moyen pour qu’Il cesse de penser à elle, quelques instants. La gorge serrée, elle fut incapable de répondre et délicatement, timidement, elle déposa ses lèvres sur les siennes, lui enjoignant le silence. Le temps de la surprise passée, Il l’embrassa à son tour, doucement et elle s’écarta tout à coup, un sanglot la secouant, la tension des derniers mois s’échappant.

Elle se blottit contre lui, le serrant fortement, comme s’assurant qu’elle ne rêvait pas, qu’Il était bien présent, contre elle que le bras qui l’enlaçait était réel. Elle riait à travers ses larmes, sa main venant effleurer son visage, son cou, se perdre en ses cheveux. La Fée osa enfin la regarder, la regarder pour de vrai, droit dans les yeux, arrachant un frisson venu de loin à la jeune femme. Elle pencha la tête pour apprécier mieux encore la caresse qu’Il offrait à sa joue, leurs mains se mêlant, sénestre aux multiples cicatrices qu’il porta à ses lèvres pour y déposer un baiser. Un sourire béat étirait la bouche d’Eurydice, elle clôt les yeux quelques secondes et les rouvrit, presque étonnée de le trouver là encore.

Les prunelles ancrées aux siennes, Il commença de parler, de lui expliquer qu’Il n’avait pas envie de partir, qu’Il ne voulait pas lui dire qu’Il ne l’aimait plus, qu’Il avait menti. Une goutte salée parcouru la joue de la jeune femme tandis qu’elle posait un doigt sur Ses lèvres, Lui enjoignant le silence, assurant qu’elle le savait déjà, qu’au fond d’elle-même elle n’avait jamais douté de ce sentiment qui les unissait, bien que ne s’étant jamais accordé le luxe d’y croire vraiment, par peur de choir plus bas encore, si cela avait été possible. Il continua tout de même, annonçant qu’il voulait en fait la protéger, persuadé d’avoir des comptes à rendre à Aristote et ne voulant pas l’y mêler. Ses yeux brillants la transperçaient toute.

D’une voix peu assurée, tremblotante encore, elle lui démontra que Lui et elle, c’était eux, quelque chose d’indéfectible. Que rien ni personne ne saurait les empêcher d’être ensemble, pas même Aristote. Nul sacrement n’aurait raison d’eux, nulle parole ni acte ne pourrait les détruire. Ils ne se perdraient pas, tant qu’ils savaient qui ils étaient. Il n’avait pas voulu qu’elle souffre, persuadé qu’en la quittant, plus rien ne lui arriverait de mal. Comme pour Le rassurer, elle l’embrassa à nouveau, sans hésiter cette fois. Valse passionnée de leurs lèvres enflammées, refroidies d’un brusque retour à la réalité.


- Père ? …

[ Au chevet des abîmées ]


Elle s’écarta de Lui, à regret, sa fille avait besoin de lui. Fille qui d’ailleurs s’était redressée et aurait dû rester bien allongée. Elle fronça les sourcils, ce n’était guère sérieux, Maelle avait besoin de repos et sa blessure à la tête, bien qu’étant bien moins importante que celle de sa marraine, nécessitait tout de même du calme. Elle allait forcer la jeune femme à s’allonger mais se dit qu’elle avait appelé son père et que son état, n’ayant pas l’air d’empirer, il n’avait guère besoin d’elle à ce moment. Difficile chose que de quitter les bras aimés en cet instant de retrouvailles… réelles. Mais il était des choses qu’il fallait savoir faire passer avant, à savoir, les blessées. Elle observa la fille de Son Homme, une jolie jeune femme, d’environ son âge, mais ça n’était qu’accessoire. Ses yeux semblaient chercher autour d’elle, aveugle vraiment ?

Elle fut interrompue dans ses tergiversations par la quasi décervelée qui remuait. Elle se précipita auprès d’elle, prête à lui rendre le moindre service, l’aider s’il en était besoin, la soulager quelque peu. Sans plante aucune, cela lui serait bien difficile, enfin… elle irait bientôt trouver quelques plantes au dehors, ou peut être qu’un apothicaire avait fait les frais d’une rencontre avec un des habitants de l’endroit. Sara, dans un souffle léger, ténu prononça ce qui semblait être un nom à Eurydice.


- Han… ? Lea... ?


Anne-Léa… ce devait être quelqu’un de sa connaissance, une sœur peut être, quelqu’un qui devait être prévenu. Elle observa la blessée, l’effort semblait avoir vidé ses dernières forces et elle avait sombré de nouveau. Sa respiration était faible mais régulière. L’estudiantine prit un linge humide pour lui rafraichir front et tempes. Petite Fée était avec sa fille, de l’autre côté de la couche de paille où les deux femmes étaient installées. Elle le dévora littéralement des yeux, heureuse.

Quelques coups peu forts frappés à la porte la sortirent de sa contemplation. Visiblement, l’ancien locataire du lieu avait tendance à nourrir des gamins errants et, régulièrement, ceux-ci venaient réclamer pitance. Elle n’avait ouvert à aucun, tel que celui qui faisait battre son cœur lui avait dit de faire, mais là, ils n’étaient pas trop de deux pour s’occuper des demoiselles, et quelle meilleure source d’informations qu’un chiard qui trainait partout ? La couche des blessées était dans le fond de la cavité, invisible depuis l’entrée, elle entendait derrière la cloison de bois le môme qui appelait la Boule, le suppliant de lui donner de quoi manger.
Sans plus réfléchir elle ouvrit et le fit entrer, posant un doigt sur ses lèvres.


- Dis moi petit, t’as faim ?


Le gamin répondit d’un signe de tête virulent, silencieux, se demandant où était la Boule, la dépouille de celui-ci ayant été déposée dans une fosse, sans qu’il en soit fait mention plus que cela. Eurydice sortit d’une étagère, un morceau de pain et du saucisson… C’était plein à craquer de saucisson dans ce garde manger, à croire qu’il ne mangeait que ça le gros.


- Bien, si t’as faim, tu vas faire un truc pour moi. Je cherche une Anne-Léa, tu me la trouves, tu me la ramènes et tu pourras avoir tout ça.


Réprimant un rire, le gamin affamé hocha la tête, c’est qu’elle était marrante la greluche, à ne pas connaitre Hanort et Leamance. Il le lui dit d’ailleurs, et elle rougit, encore une bévue. Bah faut dire que là, elle n’était pas vraiment en terrain connu… Quoique, Leamance… ce n’était pas celle à qui, en bonne gentille aristotélicienne, elle avait proposé un bûcher ? Le chiard accepta, enfonçant son chapeau sur sa tête, il ressorti de l’antre de la Boule, rapidement, mené par son estomac bruyant. La vue de la pitance avait réveillé les grognements.

Quelques sabliers plus tard, il était de nouveau devant la porte, accompagné. La jeune femme donna la récompense promise au môme, le laissant filer, et sans mot dire, ouvrit la porte. Inconsciente d’ouvrir ainsi en tel endroit ? Sans doute, ou pas. Sa dague toujours calée à la ceinture, Petite Fée non loin, surtout Lui plus que son arme là en fait, elle se sentait dans une inaltérable sécurité, sereine.
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