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 [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge

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Lingus
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Mer 14 Jan 2009, 14:43

Le bandage terminé, Lingus avait recouvert la belle avec ce qu'il restait du drap tandis que des larmes roulaient sur ses joues, se mêlant au sang qui recouvrait une partie de son visage.
Avant de rabattre le tissu, il avait posé un dernier regard sur le galbe des jambes, brulant d'envie d'y laisser courir ses doigts au gré de ses pulsions.
Il avait serré les poings pour résister à ce désir enivrant puis s'était levé.

Alors qu'il se tenait là, ne parvenant à tourner les talons, Pelirroja avait ouvert les yeux et saisit sa main comme un noyé se raccroche à une bouée.
Ce n'était plus la poigne qui avait malmené ses doigts quelques instants auparavant, Lingus sentit la caresse délicate des doigts sur sa paume.


J'allais chercher vos amis, ils doivent sûrement s'inquiéter de ne plus vous voir.
Mais si vous préférez que je reste... ce sera avec plaisir.
Après tout, ce n'est pas tous les jours que je soigne d'aussi ravissantes blessées!


Il s'assit à côté d'elle et plongea dans son regard. Il aurait voulu lui dire quelque chose comme "si les yeux sont les fenêtres de l'âme, votre âme est d'une beauté sans pareille"...
Mais l'inspiration ne venait pas!


Racontez-moi ce qu'il s'est passé pour que vous soyez ainsi blessée.
J'ai... hum... j'ai un peu perdu le fil des évènements...
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Pelirroja
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Mer 14 Jan 2009, 17:48

Décidément, cet homme avait le don de glisser des paroles précieuses dans les propos les plus simples, un joyau à l'état brut au milieu des vulgaires pierres qui recouvraient les murs de cet endroit malfamé.
Bien entendu, Pelirroja avait souri à ses mots et l'avait regardé s'asseoir près d'elle ; l'iris azuré de ses yeux avivé par les larmes, son regard n'en était que plus profond et perçant.

Lingus avait alors voulu savoir comment elle avait pu finir dans un tel état. Faut dire qu'entre sa cuisse blessée, sa tempe coupée, ses mains éraflées et sa chevelure flamboyante en pagaille, elle avait l'air d'une sauvageonne revenant d'une lutte à mort entre barbares. Tout en mouillant ses doigts pour faire partir le sang de son visage, elle essaya de se rappeler encore un peu plus l'enchaînement des faits.


Hum... C'est encore très confus... Un vieux bougre a commencé à s'en prendre à une amie... Aveugle, qui plus est ! Et...

La belle rousse parlait d'une voix chantante, éloquente, de celle des grands tragédiens ou comiques, annonçant chaque mot comme une nouvelle épopée à lui seul ! Et cela ne la rendait que plus attendrissante et drôle dans son extravagance.

Et là ! Deux gaillards, allez savoir d'où ils sortaient, les scélérats, nous tombent dessus ! Bim ! Cabrones ! Après... , continua-t-elle, le regard fixant le plancher de bois, concentrée comme pour tenter de se rappeler dans le détail... en vain. Après, je m'suis retrouvée sous une table, la cuisse ensanglantée et... Oh oui ! J'ai manqué de m'faire couper en deux !

Peli relatait des faits d'une grande violence comme si elle avait raconté une histoire pour marmots, avec un naturel époustouflant. Après tout, c'était pas plus farfelu qu'ça ! Tout l'monde manquait de s'faire trancher tous les jours, c'était bien connu ! Aussi, elle poursuivit en toute simplicité, les yeux brillant de fougue.

Et la dernière chose dont j'me souviens ! C'est moi, à califourchon sur un homme, avec mon jupon déchiré, et j'le frappe et j'le frappe ! Encore et encore et...

Son regard s'était teinté d'un sadisme exquis. La jeune femme avait rarement tué de sang-froid, mais elle n'avait jamais regretté ces actes. Pourtant, elle s'arrêta dans son récit et tourna son visage vers Lingus, comme si son regard à lui la rappelait à l'instant présent et l'extirpait de ses souvenirs sanglants. Ajoutant à la candeur qui la caractérisait, Pelirroja sourit allègrement, loin d'être perturbée par le crime qu'elle avait commis.
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Lingus
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Mer 14 Jan 2009, 19:54

Lingus écouta le récit plein de verve de Pelliroja.
Au fil de l'histoire, sa voix vive et chaleureuse, sa fantaisie créatrice lui firent tour à tour froncer les sourcils, écarquiller les yeux et rire aux éclats.
Il buvait tout autant ses paroles que le spectacle de cette volcanique ibère relatant ce qui avait failli lui coûter bien plus qu'une simple entaille.
Tandis qu'elle parlait, ses yeux pétillaient de malice, exerçant sur lui une irrésistible attraction.
Il émanait de chacun de ses gestes un érotisme sauvage, chacune de ses attitudes transpirait d'une sensualité fougueuse qui plongeait Lingus dans le plus délicieux des troubles.

Il se retint de lui demander s'il fallait toujours s'y mettre à trois si l'on voulait qu'elle vous grimpe dessus à califourchon... Non! Elle l'avait dit, elle n'était pas une gourgandine, le trait d'esprit ne l'aurait peut-être pas fait rire...
Au lieu de cela, il lui répondit d'une voix posée une phrase bien mieux tournée. V'là que l'inspiration lui revenait!


Lorsque l'on sait que cela finira mal pour tout le monde, autant y mettre de l'exubérance... plutôt vivre un jour comme un lion que cent ans comme un mouton.
Il poursuivit, un sourire en coin.
Si j'osais, je vous dirais que je bénis les maroufles qui ont arraché votre jupon... mais je n'oserais pas! Et puis, j'ai cessé d'bénir à tout va!
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Jeu 15 Jan 2009, 12:26

L'allusion au félin fit sourire la Rouquine. Un sourire entremêlé de malice et de complicité. Décidément, cet homme, outre sa présence agréable, savait parler à la créature enfouie dans ses entrailles, et elle aimait c'la.

Voyez-vous donc ! Ma foi, je fus bergère un temps... , dit-elle d'un air déconfit. Mais... imaginez donc le tableau !

Elle tapa sur sa cuisse, comme elle le fait souvent en parlant, sauf que sa cuisse n'était pas dans le même état que "souvent", et au lieu de l'entraîner dans sa verve, le geste bien sot coûta court à ses paroles.
Peli sourit d'un air qui aurait pu vouloir dire "Ha ha, touuut va bien...", alors que sa jambe lui lançait de plus belle, ou bien "Non, non... je n'suis pas blonde...", et c'était la stricte vérité... Mais, on n'le saura pas !

Toujours est-il que la belle rousse attendit un bref moment avant de poursuivre d'une voix assurée.


Pour ma part, je m'suis toujours vue comme une tigresse... ou une panthère... Ça fait pas bon ménage avec les moutons... Mais ces temps-ci, ma peau tachetée se mêle aux lions, dont la compagnie est ma foi fort agréable... De remarquables félins...


Mais alors qu'il aborda le thème de la bénédiction, croyante comme elle l'était, la sauvageonne, elle ne put s'empêcher de lui demander :
Bon et vous, dites-moi... Cette robe de bure, c'est pour dissimuler votre enveloppe charnelle ou pour envelopper votre esprit de ferveur ?


Dernière édition par Pelirroja le Lun 13 Avr 2009, 13:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Jeu 15 Jan 2009, 13:56

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Lingus
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Sam 17 Jan 2009, 12:52

Oh mais je l'imagine le tableau, et fort bien même!
De blancs moutons paissant dans une verte prairie, et vous... veillant sur ces p'tits veinards... alanguie dans l'herbe fraiche à l'ombre d'un arbre. Une légère brise vient caresser vos courbes voluptueuses tandis que vous vous abandonnez à la moiteur de l'été... enfin, c'est ainsi que je le vois moi.

Mais pour en revenir à nos moutons, cette robe de bure n'est qu'une relique, un vestige d'une vie passée.
Je la conserve pour plusieurs raisons. Elle me rappelle ce que je fus, une sorte de pensum... Et puis, pour le prix qu'elle m'a coûté, il serait regrettable de la jeter! Qu'aurais-je alors à offrir pour couvrir les charmantes demoiselles dénudées qui se jettent dans mes bras?

Sur ces mots, Lingus ressenti un formidable choc parcourir tout son corps, oppresser sa poitrine. Ses oreilles se mirent à bourdonner et il lui sembla que le sol tremblait sous ses pieds.
Il avait entendu des amoureux transis parler de "coup de foudre", c'était donc cela! Coup de foudre à grand renfort de tonnerre!
Le souffle de la déflagration l'avait projeté contre la belle rousse et leurs lèvres se frôlèrent.
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Sam 17 Jan 2009, 13:14

Le tableau dépeint par Lingus, elle se l'imaginait elle aussi parce qu'au fond, c'était la stricte réalité des choses... C'était pour elle une époque paisible au charme bucolique, comparée à la vie qu'elle menait aujourd'hui.
Puis, il lui expliqua que la robe de bure qu'elle portait à présent sur le dos était un vestige du passé, un petit rien...de rien du tout, mais qui lui permettait de ne jamais oublier l'homme qu'il avait été... Quelle femme avait-elle été... ? Dans son cas, mieux vaut l'oublier...

Alors qu'il la taquinait une fois de plus, l'accusant de s'être jetée dans ses bras, un grondement se fit entendre, un grondement sourd comme étouffé par les murs de pierre, mais qui ne tarda pas à faire trembler le sol en de violentes secousses. Sous le coup de la déflagration, Lingus fut projeté contre Peli, frôlant ses lèvres pulpeuses, tandis qu'elle bascula en arrière sur la couche, l'entraînant avec elle, et dégringola sur le plancher.

Ainsi allongée sur le sol, Lingus étalé sur elle, la belle rousse n'eut pas besoin de moultes réflexions pour savoir à quoi - ou plutôt à qui - était due cette explosion... Mais ses pensées vagabondèrent vers une autre réalité : le visage de cet homme était à présent à quelques centimètres du sien et Peli ne parvenait à détourner son regard du sien. Sa poitrine se souleva alors que l'air encore sain pénétrait dans ses poumons.

Le nuage de souffre ne se fit point attendre et le doux visage de Lingus s'embrumait, attisant un désir jusque-là enfoui. Ne point le voir, deviner son regard et le sentir contre elle, c'était là un jeu bien plus exaltant. Aussi, Peli posa une main délicate sur sa nuque, l'attirant doucement vers elle, jusqu'à sentir le bout de son nez contre le sien.


Lingus... No puedo más.... , murmura-t-elle, haletante, d'une voix à la fois douce et passionnée, alors qu'elle laissa glisser sa main de son cou à sa joue et vint poser l'autre dans le creux de ses reins.
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Sam 17 Jan 2009, 15:48

Le monde autour d'eux n'était plus qu'un tourbillon.
Les murs, la couche, la chevelure aux reflets cuivrés, tout cela tournait autour de Lingus en une danse folle.
Le seul point qui demeurait fixe dans ce tumulte étaient les yeux bleus, il s'y raccrocha.

Puis l'obscurité l'engloutit, les chandelles avaient été soufflées, la fumée et la poussière les recouvraient.
Il était au bord de la suffocation, mais il ne mit pas cela sur le compte de l'odeur de poudre dont l'air était empli.
Il crut que cela était dû au désir brulant que la troublante ibère avait éveillé en lui.

Il sentit la poitrine de Pelirroja se soulever sous lui, son souffle haletant dans son cou.
D'une main, elle l'attira vers sa bouche gourmande, l'autre glissant dans son dos.


Porque resistir a una tentación tan dulce?

Mais cette question n'attendait aucune réponse. Joignant le geste à la parole, Lingus embrassa la bouche charnue qui s'offrait à la conquête.
Lentement d'abord, effleurant à peine les lèvres du bout de sa langue, tel les fauves qui se jaugent avant le combat.

Puis il passa un bras sous son dos, enserra sa taille pour accentuer la force de leur étreinte. Leurs corps ainsi étroitement liés, il laissa libre cours à la passion qui enflammait ses sens.
Il baisa les lèvres douces et pleines avec plus de férocité qu'il n'en avait jamais mis dans un combat, allant jusqu'à les mordre.
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Sam 17 Jan 2009, 18:14

Entendre les douces sonorités du castillan dans sa voix ne faisait qu'aviver cette féroce envie de lui, mais elle ne put l'exprimer, devancée par le désir incontrôlable de Lingus. Déjà sa langue douce glissait le long de ses lèvres entrouvertes, tandis que les yeux de la Rouquine plongeaient avec une intensité exacerbée dans ceux de son amant.

La belle sentit alors ses reins se cambrer sous l'étreinte de Lingus et, bien que sa main ne pouvait toucher sa peau de pêche, cachée sous la robe de bure, ce simple contact provoqua en elle une vague de frissons qui parcourut son corps tout entier. Peli remonta sa main le long de son dos pour empoigner fermement sa nuque, tandis que ses baisers devenaient plus fougueux, et même sauvages, au point de mordre ses lèvres.

La fumée s'épaississait et la danse animale de ces deux corps enlacés faisait tournoyer la poussière noire en rondes majestueuses. Les doigts fins de la belle rousse se perdait dans la chevelure noire de jais de Lingus, la fouillant avec passion. Sa cuisse blessée vint se nicher contre la hanche de son amant, relevant avec elle la robe de bure. Grisée par le souffre et le corps brûlant de cet homme tant désiré, Peli ne ressentait plus la douleur de ses plaies ; elle ne ressentait que cette envie irrépressible de lui, une envie si forte qu'elle en devenait étouffante.

La Rouquine détourna le visage, la chevelure étalée en tentacules flamboyantes sur le plancher poudreux, offrant à Lingus la peau délicate de son cou, et murmura à son oreille :
Tengo ganas de tí... , avant d'embrasser doucement sa pommette...
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Dim 18 Jan 2009, 12:33

Dans un suave castillan, Pelirroja lui murmura son désir à l'oreille alors qu'il enfouissait son visage au creux du cou palpitant de la rousse.
Ce fut à peine si Lingus l'entendit, son attention étant accaparée par d'autres sens que l'ouïe.
Le toucher, par la peau veloutée qui glissait sous ses doigts en remontant le long de la cuisse nue. L'odorat, par les effluves musquées dont il s'enivrait, le nez plongé dans sa chevelure. Et le goût, celui de la sueur et du sang sur ses lèvres et sa langue quand il embrassa son cou, ses joues.

Elle se cabrait sous les caresses fougueuses, son bassin ondulant lascivement. Une jambe remontée dans son dos, Pelirroja l'attirait contre elle, le pressant contre la chaleur de son ventre.
Lingus ne lui répondit pas mais ses gestes parlaient pour lui, il planta ses ongles dans la peau tendre au creux des reins, mordit le lobe de l'oreille.

Ils auraient pu poursuivre longtemps cette étreinte charnelle, animale. Le temps n'existait plus, Lingus en avait perdu toute notion, seul le désir sauvage occupait son esprit.
Il fut pourtant tiré de cette transe érotique par la chute sur son crâne d'un caillou, des fragment de la paroi commençaient à pleuvoir sur eux.

Il releva la tête et regarda autour de lui, dans la pénombre de ce coin reculé de la grotte, il distingua enfin la pluie de débris, les volutes de poussière et le désordre général.
Il lui manquait quelque chose dans la chronologie des évènements mais il ne savait quoi, hébété comme un ivrogne qui se réveille dans un fossé sans savoir comment il a atterrit là, il bafouilla une question.


Que s'est-il... quoi... hein?
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Pelirroja
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Dim 18 Jan 2009, 13:32

Perdue dans ce nuage de poussière, de sueur, de peaux qui se fouillent, qui se cherchent et se devinent, Pelirroja avait perdu le nord, et peut-être bien toute notion de l'espace. Elle ne savait plus où elle se trouvait, et elle s'en fichait.

Son monde s'était réduit à ce corps ondulant entre ses bras, à ces mains glissant le long de sa peau fiévreuse, à ces lèvres la dévorant avec passion... Lingus... Rien d'autre...

Mais l'osmose de ces deux êtres en proie à la passion fut malheureusement interrompue par les dommages collatéraux de cette fichue explosion. Les parois de la grotte commençaient à s'effriter et une pluie de cailloux s'abattit sur les amants, les tirant de leur havre d'érotisme pour les catapulter dans la réalité abrupte des évènements.

Peli sourit à la question de Lingus et, tout en se redressant légèrement contre lui, éclaira sa lanterne dans un murmure sensuel, une main glissant le long de son cou.

Kamazone...

C'était bien là la première fois qu'elle prononçait le nom d'une femme de la sorte, mais parler à haute et intelligible voix lui assurait une toux frénétique et désagréable.
Kamazone... Elle a dû mettre... son projet à exécution... Boum !

Et, ironie d'la chose, la Rouquine se prit un morceau d'paroi sur la tête.
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Dim 18 Jan 2009, 19:49

Lingus maudit à voix haute l'impétuosité de la jeune effrontée qui avait mis un terme à ce moment d'extase.

Maudite bourguignonne impatiente! Saleté de trouble-fête imprudente! Rahh, la fougue de la jeunesse, vous m'en direz tant!

Il abandonna à regrets les bras de Pelirroja mais il n'aurait pas du car sans sa présence protectrice, la belle reçu une pierre sur le crane.
Il se pencha de nouveau sur elle et la serra contre lui en mettant ses bras sur sa tête pour éviter une nouvelle bosse.


Pas trop de mal?
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Dim 18 Jan 2009, 20:11

La belle porta instinctivement la main à sa tête, la posant ainsi sur celles de Lingus, visiblement animé d'une inquiétude mêlée de tendresse.

Eh bien... Si cela me vaut une telle attention de votre part, qu'un ouragan de pierres s'abatte sur moi !

Mais craignant que ses mots ne portent malheur, elle fronça les sourcils et s'empressa d'ajouter quelque formule visant à conjurer le mauvais sort.


Enfin... Façon d'parler, évidemment ! Que croyez-vous que nous devrions faire à présent, mon doux Lingus ?

Alors que le nom de cet homme retentissait encore, caressant de ses sonorités mélodieuses les parois branlantes de la grotte, Peli le regardait de ses grands yeux bleus dans lesquels semblait s'être noyé une douce lueur de bien-être. Aussi, incapable de mettre un frein à son impulsion, elle posa ses deux mains sur les joues de Lingus et l'embrassa avec la spontanéité délicieuse des élans de tendresse.

Réalisant son geste et ne sachant pas si leur étreinte avait été due à la confusion environnante ou à un désir bien réel, la belle rousse écarta son visage, écarquillant les yeux comme surprise par ses propres manières.


Lo siento... Je ne vous ai point laissé parler... Que... Que voulez-vous faire ?
Les joues empourprées par son impétuosité, elle n'osait croiser son regard et sa voix vibrait sous l'émotion, ou bien était-ce car le sol lui-même tremblait...
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Dim 18 Jan 2009, 22:55

Les parois de la grotte résonnaient de grondements inquiétants. Lingus reprenait peu à peu conscience du monde qui l'entourait... Kamazone! Il y avait donc forcément un rapport avec quelques uns de ces projets farfelus qui se terminaient souvent par une gerbe de feu, de rochers et de gravats! La bourguignonne manifestait une très nette tendance à vouloir faire le ménage par le vide et cela allait peut-être lui coûter la vie après la lui avoir sauvée.

Qué quiero hacer?
Disons qu'il y a une multitude de choses que j'aimerais faire avec vous ici et maintenant... Mais là n'est pas la question, elle serait plutôt que devrions-nous faire? Je n'aurais pu rêver plus belle mort mais je préfère encore qu'on essaie de sauver nos miches!


Il l'aida à se relever en conservant un bras autour de sa taille.
Une faible lumière parvenait depuis le bout du tunnel, à travers la poussière qui saturait l'air de la grotte. Ils avancèrent en vacillant, la tête courbée, se retenant parfois de tomber en s'appuyant sur les parois.
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Lun 19 Jan 2009, 00:41

Les deux amants traversaient tant bien que mal les galeries embrumées de la grotte. Pelirroja ignorait où se trouvaient les autres compagnons, mais était fermement résolue à sortir au grand air pour échapper aux bouffées poussiéreuses qui s'insinuaient de plus en plus dans ses poumons.

S'appuyant à la pierre qui menaçait à chaque effleurement de s'ébouler, la belle rousse, accompagnée de Lingus, ne tarda pas à accélérer le pas, furetant dans les couloirs sombres, butant sur des débris causés par la déflagration. Se sentant de plus en plus oppressée par l'air vicié des lieux, la jeune femme rassembla les dernières forces qu'il lui restait pour se lancer dans une course effrénée, tenant fermement son amant par la main.

Gravissant les ultimes marches qui les mèneraient vers la sortie, ils purent enfin respirer l'air glacial de l'hiver. Peli se laissa tomber dans la neige qui recouvrait le sentier, prenant de grandes inspirations comme pour purifier son corps enfumé.


Aaaah... Por fín !
Soulagée d'être sortie indemne de ce bourbier, la belle se mit à rire aux éclats, sa voix retentissant en un fol écho dans le ciel teinté de nuages pourpres. Le soleil allait se coucher sur la grotte et les deux amants, quant à eux, se trouvaient à présent libres de poursuivre leur route.
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grosminet
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Ven 20 Fév 2009, 21:37

GM, comme tout les doirs, parcoirait la grotte, allant de taverne en taverne, de p'tit verre et en p'tit verre. Ce soir là, il fut attiré par la lueur rougeoyante émanant d'une taverne où il n' avait jamais mis les pied. Il poussat la porte, la salle était vide, ou presque, ce qui était étonnant a cette heure-ci. Il vit une petite lanterne rouge accroché au-dessus d'une petite porte menant sous doute à l' arrière de la taverne. Il se dirigat vers celle-ci, poussa la porte et fut embaumé par les essences de parfum de femme s'echappant de la pièce. Il y avait quelques hommes, attablé autour d'un verre , des danseuse et de serveuse envelopper dans des robes de soirée, mettant leurs atouts en valeur.
Il s' assit à une petite table, et attendit qu'une de ces serveuse viennent prendre sa commande. Au bout d'un certain temps, une dame vint à lui.
Quand soudain, une fille vint s' assoir sur ces genoux, un sourire radieux, des lèvres pulpeuse. GM comprenait maintenant la nature de cette pièce: c'est une maison close ! De nature assez timide, GM ne savait plus où se mettre, il regardait partout atour de lui ne sacahnt pas trop quoi dire. La fille continuait son manège, lui susurrant des petits mots à l' oreille.



Euh.... Ahem... euh.... je euh.....


Il avait perdu tout ces moyens devant autant de beauté, autant de sensualité....


Euh.... je voulais juste boire un verre.... euh.... une bouteille de vin euh... s'iouplait !
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Poupette
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Sam 21 Fév 2009, 21:35

Poupette s'est ennuyée au bal de la St Valentin en Franche Comté, alors quand elle voit un chaland qui entre dans son lieu de turbin, elle se dit que celui là elle va pas le louper.

Elle s'assoit sur des genoux et lui sort l'arsenal complet pour lui lever le bout.


- Alors le Ch'tio, tu veux que je te détende?

Poupette rit, comme elle seule sait le faire.

- T'as soif? ab ba mon Ch'tio y'a pas de soucis.

Elle se lève et se baisse ramasser une bouteille posée dans un coin, le séant pointant délicieusement vers les cieux.
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l'ombre345
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Dim 22 Fév 2009, 22:51

L'ombre qui partais dans son coin,vu une lueur il se mit a suivre cette lueur,puis arriva devant une porte il toqua 4 fois de suite et se demandit ce quil y avait deriere cette porte,en attendant une réponsse il s'appuya contre un mur.
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grosminet
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Lun 23 Fév 2009, 18:46

[Assis à la table, une jolie Poupette sur ses genoux Smile ]


GM n'en croyait pas ses yeux. Comment avait-il pu être aussi naif ! Il ne savait plus quoi faire, ni quoi dire. Il se contentait de lever les yeux, évitant de les poser des divines proportion de la dame. Soudain, la jeune fille se baissa, offrant à ses yeux son joli carquois. C'en était trop. Rouge de honte, il se leva voulu partir mais fut interrompu par un brin de bon sens inattendu. Il observa la jeune dame, sorti une bourse bien rempli de la poche intérieur de son veston et se rassit sur sa chaise. Prit son verre et, un grand sourire au bout des lèvres, le pointa en sa direction et murmura:



Santé !
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Zarathoustra
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MessageSujet: Re: [RP]Derrière la taverne, une lanterne rouge   Mar 16 Juin 2009, 22:48

[i]Poupette était une feignante, et Zarathoustra s'y était résolu. Pas moyen de gagner un rond avec celle-là. Il avait vaguement entendu qu'elle avait officié pendant le tournoi de Genève, mais elle s'était bien gardée de le trouver pour partager les bénéfices. Résultat: il ne bougerait pas le petit doigt si il lui arrivait des misères. sa carrière de maquereau fut courte, finalement.

Il décida donc de revenir à son premier métier, qui était celui de scribe. Il dépoussiéra un peu l'endroit, et fixa une pancarte.

Citation :
Zarathoustra, scribe à la demande. Livres en tous genres.

A la plume, vous préférez l’épée ?
Vous êtes toujours sur les chemins ?
Vous préférez aux parchemins
Ternes les tavernes enfumées ?

Ou si vos galanteries ne vous laissent pas de temps
Si sous aimez mieux coucher en bonne compagnie
Que de coucher l’encre sombre sur le papier gris
Alors diantre, n’attendez pas plus longtemps

Laissez un autre faire briller votre renommée
De hauts faits ponctuée, bien mis en lumière
J’écris votre épopée, grandeurs et misères
La chronicque de votre vie, parfois arrangée

Une légende qui vous survivra, en beaux paragraphes
Défiez le temps qui passe, qui emporte les corps
-Qu’on se souvienne de vous, bien après la mort-
Mais laisse la légende, comme belle épitaphe

Il déposa son stock de bouqins imprimés à Rome dans un coin, au cas où il y aurait des clients potentiels. Puis il décida de se remettre au travail, histoire de renouveller un peu son offre. Il se lança dans un ouvrage intitulé:

La peste Rose

Citation :
-Hé la dinde, agite tes tentacules et donne-moi donc trois pains, avant que je ne sépare ta tronche de morue de la masse adipeuse qui te sert de tronc !

La boulangère de lui balancer les trois pains, en grimaçant :

-Tiens, sac à vin, et étouffe-toi avec, ça nous soulagera. Et oublie pas d’allonger l’artiche que tu as soutirée à ta catin de femelle.

Comment en était-on arrivé là ? Comment ce qui aurait du être une charmante scène champêtre dans ce village côtier d’Armorique était en fait une empoignade digne du plus vulgaire des bouges crasseux ?

Il faut pour le comprendre, revenir longtemps en arrière, d’autant de lunes qu’il y a d’abeilles dans neuf ruches pour être précis, dans le Grand Nord, où les aurores boréales émerveillent les yeux bleus et naïfs des marins de là bas. Laissez-moi vous conter ça.

Hagaär le Varègue s’était perdu. Ses cales étaient enflées de son butin, des choses brillantes qu’il avait été chercher là où se couchait le soleil, ainsi que le faisaient ses pères et les pères de ses pères. Mais sans doute avait-il été un peu chiche sur les sacrifices car si les dieux lui avaient accordé la victoire, ils lui avaient envoyés sur le retour quelques vents taquins qui l’avaient fait dériver vers le grand Septentrion, loin des autres embarcations du convoi.

Mais la tempête était retombée, et il dérivait lentement. Après avoir longtemps hésité, on sacrifia le petit mousse qui avait déjà beaucoup servi et on garda la chèvre aux longs cils prometteurs. Il ne restait plus qu’à attendre en cabotant que les vents soient favorables et ramènent les marins vers leur terre natale où les attendaient leurs femmes aux bras épais et au caractère forgé par les rudesses du climat, et qu’ils n’était pas si pressés de retrouver.

C’est pourquoi Hagaär prenait son mal en patience en pêchant distraitement. Ils avaient vu large et avaient en réserve plusieurs tonneaux de vin de Sicile ramenés par ces cons de Normands, et ce qu’il fallait en biscuit. Un peu rêveur, il scrutait l’horizon en pensant à rien quand il aperçut une sirène à fourrure qui prenait un bain de soleil sur la côte glacée. Son attention fut un peu piquée, car on disait que la vie éternelle était accordée à celui qui dépucelait une sirène à fourrure.

Hagaär aimait la vie, et s’il ne craignait pas la mort, il comptait bien l’embrasser le plus tard possible. En plus de ça, il se demandait comment la chose était anatomiquement possible, avec la sirène. A première vue, ça n’était pas évident. C’est mu autant par l’espoir de la vie éternelle que par l’aspiration au progrès des connaissances des choses de la nature, qu’il commanda à ses hommes de souquer en direction de ce machin.

Il fut en peu déçu en s’apercevant que la sirène à fourrure n’était en fait qu’un ours blanc. La navigation par trop prolongée altère parfois l’entendement comme la vue. Il s’accouda sur le bastingage pour observer le plantigrade qui s’ébattait joyeusement en semant la panique dans un banc de phoques. Ce qui l’amusa beaucoup, en plus de lui donner une idée pour briser un peu la monotonie de la mise à sac dont il avait fait son cœur de métier.

Hagaär le Varègue était très content très satisfait, et il riait d’avance du coup qu’il avait préparé. Cette fois, il avait multiplié sacrifices (vingt et une génisses aux sabots larges, dix-sept livres d’épices d’orient, trois coffres de choses qui brillent, entre autres choses) et manqué aucune libation, et avait fait abstinence pendant huit marées. Ce qui fâcha un peu sa femme Grida la Mauvaise, mais lui laissa tout le loisir d’aller boire des coups avec les copains et mettre au point le prochain pillage.

Donc, il avait bien préparé son coup, et c’est les cheveux au vent et le sourire aux lèvres qu’il filait droit vers le soleil qui rougeoyait. Ce coup-ci, il fallait pousser un peu plus loin, il avait repéré un village isolé sur la côte nord de la Bretagne. L’idée était de débarquer quelques lieues à proximité du village en question pendant que le leurre, une vieille barquasse qui contenait tous les vieux et éclopés de l’équipage (Si on y comptait un nombre pair de bras et d’yeux, c’était bien un hasard) faisait croire à une attaque par la mer, comme il est de coutume pour les gens de ces contrées.

Haägar se félicitait de cette idée lumineuse, mais le clou de l’opération, c’était la demi-douzaine d’ours blancs qu’il avait capturés à grand frais : 52 condamnés à mort furent nécessaire pour les prendre, mais ils étaient maintenant là, pas nourris depuis trois jours et prêts à déferler sur le village pour semer la panique comme Haägar l’avait vu faire avec les phoques. Que d’histoires à raconter aux gosses, que de grosses poilades à venir ! C’était de l’humour typiquement Varègue.

Hélas ! L’intendant était un soulot et il avait mal fermé la cage aux ours, qui avait dévoré le stock de chèvres. Affamés qu’ils étaient, les ours blancs avaient baffré à s’en faire éclater la panse, et le sang carmin sur le poil blanc des plantigrades leur donnait un éclat rosé des plus charmants. Et bon, ils n’avaient plus trop envie d’être féroce, mais plutôt de faire une bonne sieste. Si bien qu’il fallut les amener au village à coups de pieds au cul, auxquels ils ne protestaient que mollement.

Haägar était furieux, Haägar était frustré, Haägar était confit dans le plus profond désespoir . Sa farce était manquée. Et pour parfaire le tout, le leurre n’avait pas marché. Les vieux éclopés avaient préféré montrer drapeau blanc plutôt que de se faire massacrer héroïquement. Pire, ils avaient vendu la mèche et les portes avaient été fermées après le passage des quadrupèdes et de leur rose pelage.

Les assaillants n’étaient pas préparés pour un siège de longue durée, mais il n’était pas question de revenir au pays les mains vides et d’affronter le courroux de leurs mégères aux tresses blondes dont l’ire pouvait se montrer redoutable. Il réfléchit dans le dedans de sa tête, des pensées profondes qu’exigeait l’urgence de la situation. Et il tenta un coup de ramponneau. Il héla une des sentinelles qui les narguait et leur jetait des choses molles et puantes, et de la nourriture pour montrer qu’ils en avaient tout le tour du ventre, et il lui parla comme suit :

« Riez, riez, mais déjà la défaite à l’haleine puante est à vos chausses. Car les bêtes roses qui sont en vos murs sont porteuses d’une terrible malepeste venue d’orient : le Bizhou. Cette maladie terrible rend celui qui en souffre incapable de combattre, car empreint d’amour pour son prochain. Jadis un prophète de Judée en était atteint, qui ne cessait de prôner l’amour pour celui qui contre lui levait le glaive. Et il condamnait tous ceux qui étaient contaminés par ce terrible mal à se faire empaler dans les plus brefs délais. Bientôt vous nous ouvrirez vos portes et nous prierez de vous battre. Et nous le ferons. ». Sans être un intellectuel, Haägar avait appris la langue locale, à force de piller dans le coin.

La sentinelle était perplexe. Il s’entretint de cette nouvelle avec les autres villageois et il fallut peu de temps pour que la nouvelle se répandit comme traînée de poudre, qui n’existait certes pas. Ou peu. Ou loin. La peste était dans les murs, et ses symptômes étaient terribles. Les défenses tenaient mais la suspicion rongeait la cohésion des assiégés. Chacun épiait son voisin, cherchant à déceler les signes fatals. Si bien que les habitants forçaient le trait pour bien montrer comment ils n’aimaient pas leur prochain, et même combien ils étaient prêts à le passer par le fil de l’épée.

C’était une chose étonnante de voir une jeune jouvencelle aux traits charmants cracher par terre et insulter son propre fils, qui le lui rendait bien. Chacun redoublait de vigueur pour faire belle démonstration de vilenie, et écarter ainsi les soupçons. La mésentente régnait, et les soldats envoyaient paître leurs supérieurs, et il n’était possible de se procurer du pain, qui ne manquait pourtant pas sans se battre à mort.

-Hé la dinde, agite tes tentacules et donne-moi donc trois pains, avant que je ne sépare ta tronche de morue de la masse adipeuse qui te sert de tronc !

La boulangère de lui balancer les trois pains, en grimaçant :

-Tiens, sac à vin, et étouffe-toi avec, ça nous soulagera. Et oublie pas d’allonger l’artiche que tu as soutirée à ta catin de femelle.

Et de se taper dessus, avec force et ardeur.

On voit bien que dans ces conditions, il était impossible de soutenir un siège. Haägar le Varègue et ses joyeux compagnons n’eurent aucun mal à enfoncer les portes et mettre à sac ce bucolique village d’Armorique. Ce fut un très joli pillage qui resta longtemps dans la mémoire Varègue. On se le racontait de père en fils, en se tapant très fort sur les cuisses. Ce qui fait qu’aujourd’hui encore, on reconnaît les descendants de ce peuple valeureux à leurs cuisses plates. Et quand dans les peuples du Nord on s’en va gaiement piller, on n’oublie jamais de se munir d’une demi-douzaine d’ours blancs et de quelques chèvres. Ce qui explique que les ours blancs se font si rares. Mais par un grand mystère, les chèvres pullulent. Il n’y a pas de justice.

Et quand j’entends quelqu’un pointer du doigt un tiers en l’accusant d’être atteint de la maladie du Bizhou, dicte peste rose, et cracher par terre et parler mal pour bien montrer que lui même en est exempt, je m’en écarte. Faites donc pareil, ou racontez-lui cette histoire.

Il souffla sur l'encre et partit se coucher. D'ailleurs, sa chandelle se mourrait.
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