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 Un immigré qui vient foutre le bordèle ?! Bah Briseys...

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Briseys
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MessageSujet: Un immigré qui vient foutre le bordèle ?! Bah Briseys...   Dim 09 Nov 2008, 18:05

Spoiler:
 

Sommaire :


PARTIE 1 : Rencontre en taverne.

- Rencontre en taverne. P.1.
- L'enfance d'Argantino alias Briseys. P.1.
- La Vierge Noire. P.1.
- Les débuts d'un racketteur. P.1.
- Un première amour. P.1.
- Direction une certaine grotte. P.1.
- La prise de Montpellier. P.1.
- La prise de Tours. P.1.
- Bastonnade en Taverne. P.1.
-

PARTIE 2 :

-

PARTIE 3 :

-





*************************
PARTIE 1 : Rencontre en taverne.
*************************


Rencontre en taverne.



Briseys était dans une taverne éloignée de la ville de Reims à une trentaine de lieues de celle-ci, il travaillait doucement au fond de la pièce sur ses projets.

- « ZZZZZZZzZZZZZZZZZzZZZZZZZZ... »

Quand soudain, le chahut de deux mômes le réveilla brusquement, un frère et sa sœur jouaient ensembles au chat et à la souris dans la taverne en criant assez fort pour énerver notre dormeur. Briseys, encore sous l’effet d’un magnifique rêve se réveilla et dégaina sa rapière pour redonner à l'endroit son calme naturel, la bouche pâteuse et les yeux petits. Il se leva et se dirigea vers les mômes lorsqu'il percuta un mur de graisse, ne comprenant rien à ce qu'il se passait il se retourna vers sa droite et percuta un nouveau mur de graisse. Il se retourna donc encore vers sa droite lorsqu'une main de cent tonnes vint s’écraser sur son épaule, Briseys ouvrit ses grands yeux étonnés, il se retourna et vit deux gros barbares, la barbe aussi longue qu'un cou de girafe, aussi lourds qu'un éléphant et à la tête aussi petite que celle d'un macaque.


- « Qu'es' tu fous avec ton épée p'tit gars ?! » demanda le premier. Sous le grognement du second je rangeai mon épée en laissant apparaître un grand sourire des plus gênés. J'essuyai mon visage de mes sueurs froides et des quelques postillons envoyés par l'ogre.

- « Euh... Mais... Rien mon bon messire... » répondis-je la voie tremblante.

- « Ouais ouais c'est ça on va niké ton goule ! » rétorqua l'autre géant à l'haleine de renard. Ravalant ma salive de travers je toussotai face au barbare dont l’accent faisait penser au langage germain. Puis le premier se mit à rire bêtement en me voyant, je ne savais plus quoi dire et je sortis le plus hasardement possible.

- « Mais non Messires, je voulais jouer avec vos enfants, j'aime bien jouer à la poupée moi aussi !!! »

Les deux monstres se regardèrent et se mirent à rire, ils avaient une idée derrière la tête, je ne comprenais pas mais tant pis, si ça pouvait me laisser en vie... Les deux bougres m’ordonnèrent de m’asseoir dans un coin et amenèrent leurs deux créatures, l'homme voulait que je joue à la poupée avec eux, sans accepter ni refuser j'avais eu le droit à une peluche rose, un castor semblait-il...
Je me forçai à jouer avec eux pendant que les deux gros buvaient un tonneau de bière chacun, jusqu'au moment où la petite fille me sauta dans les bras et me mit un coup de poing, elle me réclama une histoire, pour ne pas la faire rire et ne pas la contrarier de peur de la réaction des parents je me mis un nouveau coup de poing dans la mâchoire. Je pris une grande gorgée d’air et commençai mon histoire préférée.

- « L'histoire que je vais vous contez commence à Osma en Castille en 1424. »


Dernière édition par Briseys le Mar 03 Mar 2009, 16:46, édité 12 fois
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MessageSujet: Re: Un immigré qui vient foutre le bordèle ?! Bah Briseys...   Dim 09 Nov 2008, 18:10

L'enfance d'Argantino alias Briseys.



- "1424-1438 L’enfance d’Argantino fut des plus douces. Tendrement aimé de sa nourrice Carlota, il était souverain : son royaume était l’étage supérieur du château, ses sujets les domestiques et le monde était le jardin du domaine familial. Il n’avait pas de sœur, pas de frère et presque pas d’ami, si ce n’était Rodrigue, de treize ans plus vieux que lui. Rodrigue était un Maure capturé jadis à l’ennemi lors d’un raid sur Los Pedroches. Ce n’était alors qu’un enfant. Plus tard, alors que le père d’Argantino en avait fait un militaire, c’est lui qui avait fait l’instruction du petit homme, avec Carlota. Il le berçait en jouant de la guitare, lui apprenait à lire et jouait avec lui. Les soirées d’été, il lui racontait sa vie de soldat, les conquêtes de terres et de femmes, les combats contre les Mahométans. Ces récits allumaient le feu dans les yeux de l’enfant et forgeaient son âme en silence. A chacune de ses histoires, le Maure lui décrivait comment il fallait prier la Vierge Noire avant le combat, et se signer par trois fois.

Bien qu’il fut un notoire trousseur de filles, bagarreur et qu’il aimait traîner les tavernes, Rodrigue était respecté en tant que soldat méritant de l’armée castillane et homme pieux. Le cuir halé qui lui servait de peau trahissait ses origines mais personne ne lui en tenait rigueur. Un ivrogne jaloux avait essayé, et ce furent ces dernières paroles. Malheur à qui jurait sur la Vierge Noire en sa présence, ou qui évoquait sa sombre histoire. Après de nombreuses campagnes où il avait eu l’occasion de montrer sa valeur, le Maure était devenu capitaine et bénéficia de plus de temps pour s’occuper d’Argantino, et à l’occasion, de sa nourrice. Il lui fit découvrir les joies des bordels et le vacarme des tavernes.

1438-1448 Argantino était devenu un bel homme qui faisait déjà frémir toutes les jeunes infantes de la noblesse castillane. Mais lui préférait les paysannes et souillons qui faisaient bien moins de manières. Ebloui par les récits de guerre de son tuteur, Argantino s’engagea dans l’armée, encouragé par son père brigand repenti. Grâce à sa vigueur et au rang de son meilleur ami, il devint rapidement sergent. Une guerre avait alors éclaté entre l’Aragon et la Castille, provoquée par des princes impuissants et un cardinal qu’on disait pédéraste. Argantino fulminait, il fallait se battre contre ses semblables au lieu de chasser les infidèles qui infestaient encore le sud de la péninsule. Rodrigue lui rappelait que tout bon soldat se devait de servir ses maîtres avec une égale ferveur, quels qu’ils soient. Mais la graine de l’arrogance avait germé dans l’esprit indépendant du jeune homme. Il n’avait pas le sens de la fidélité de son tuteur.

1448-1451 A la tête de son groupe de soldats, Argantino faisait un bon militaire, stratège et courageux, mais quand ils revenaient de campagne, ils semaient la peur et se conduisaient comme un truand. Le jeune soldat buvait les mandats que lui donnait la mairie sous les yeux sévères de Rodrigue. Voyant que la guerre était en train de corrompre son fils, son père obtint de ses relations à la cour de la Reine une place de choix dans l’administration du royaume. Il était chargé de l’approvisionnement en blé de toutes les grandes villes. Son attitude irrespectueuse et son manque de sens diplomatique lui valurent d’être progressivement banni de la cour. De toute la péninsule, on ne connaissait gentilhomme ayant plus d’ennemi que lui. Il n’écoutait plus les conseils de son tuteur depuis longtemps et profitait de sa position pour spéculer sur le blé et déstabiliser ses ennemis en provoquant des émeutes d’affamés.

Un soir qu’il dépensait son argent –l’argent du diable, disait le Maure- dans un bordel, un messager vint lui annoncer que Rodrigue était tombé lors d’une attaque surprise non loin de son village. Argantino, encore à moitié saoul, sauta sur sa monture et courut rejoindre ses parents. Quand il fut arrivé après avoir chevauché toute la nuit, il n’était pas beau à voir. Débraillé, cerné, son haleine repoussait ses propres parents. Il écarta violemment les pleureuses qui entouraient le corps sans vie de son ami, et l’embrassa. Malgré sa tristesse, ses yeux restaient secs. Il ne comprit que trop tard le sens des paroles bénies du Maure.

Les jours qui suivaient virent changer Argantino avec une rapidité étonnante. Ils cessa de boire et d’aller au bordel et prenait son métier à cœur. On dit que cet hiver là, le prix du blé avait baissé de moitié sur tout le nord de la péninsule. Il ne sortait plus et passait ses soirées à prier la Vierge Noire. Avant de se coucher, il se signait par trois fois. Voyant son comportement, on lui proposa de remplacer son tuteur comme capitaine de l’armée de Castille. Le jeune homme se dit qu’il ne pouvait pas tromper le destin et accepta cette charge. Mais cette fois, il l’honora. Il se conduisait comme un soldat exemplaire, développant son sens stratégique pour mettre à mal ses ennemis tout en économisant les vies de ses soldats. Il prenait ville après ville et faisait reculer le front de plus en plus loin. En peu de temps, il aurait réduit l’ennemi l’aurait obligé à traiter.

Un jour pourtant, alors qu’il allait prendre une place forte décisive après des semaines de siège éprouvantes, une missive royale lui arriva : il lui fallait lever le siège et se déclarer vaincu. Il n’en revenait pas. Ses soldats et lui devraient revenir comme des pleutres, déshonorés et sans butin. Il apprit plus tard qu’un félon avait intrigué dans la cour castillane et poussé la couronne à accepter la paix. L’amertume qui envahit la bouche d’Argantino ce jour-là ne le quitterait plus jamais. Sans même passer embrasser ses vieux parents, il courut à la caserne réclamer le plus gros mandat possible, prétextant un désordre du marché provoqué par des spéculateurs, libéra tous les chevaux de l’armée et s’enfuit dans les montagnes."


Dernière édition par Briseys le Sam 13 Déc 2008, 15:22, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Un immigré qui vient foutre le bordèle ?! Bah Briseys...   Dim 09 Nov 2008, 20:17

Les enfants étaient charmés par l'histoire et en demandaient davantage, raconter mon histoire me fit revivre certains sentiments, surtout quand je repensais à mon ami Rodrigue et à mes parents qui reposent sous la terre castillane, ça faisait bien longtemps que je n'étais pas parti leur rendre hommage, alors que je me morfondais dans mes pensées le gamin s'approcha de moi et me demanda.

- « C'est qui la vierge Noire ? »


La Vierge Noire.


Je souriai en regardant le bonhomme et raconta la légende de la Vierge Noire.

- "La Vierge Noire ?! Autrefois elle était une femme des plus belles, aucune comparaison ne peut être faite car sa beauté dépassait celle de toutes les déesses du monde. Jadis elle vivait dans le nord Castillais, ses parents étaient des gens des plus normaux elle aussi d'ailleurs mis à part sa grande beauté. Elle était douce, serviable, souriante, agréable, ses cheveux dorées se confondaient avec la couleur du blé d'été ses yeux étaient aussi beaux que de la braise pétillante, tout les hommes couraient après elle... Mais sa légende à elle ne commence que le dixième jour du mois d'octobre, ce jour allait être des plus normaux sauf que le village où elle résidait fut attaqué par de vils brigands, le village était isolé loin de toute civilisation une cible parfaite. Les brigands volèrent toutes les richesses possibles : nourriture, boisson, or, bijoux, pierre etc etc...

Ils réduirent les hommes à l'esclavage, tuèrent les enfants, les vieillards et les femmes ... sauf une. Ces enfoirés de brigands prirent la femme pour satisfaire leurs hormones étant donné sa beauté il n'y eu pas de mal à ce que toute la joyeuse troupe viole un à un la pucelle, ils étaient une trentaine à ce moment elle n'avait que 18 ans. Ils la gardèrent en otage deux ans, jusqu'à qu'elle meurt d'épuisement, la pauvre ne s'était pas suicidé car elle croyait encore à la liberté. Les semaines qui suivirent la mort de Carmela, la troupe des plus craints et célèbres bandits mourra, tous les hommes mourraient d'une maladie inexplicable, les hommes étaient carbonisés de l'intérieur, seul les quelques survivants, ceux qui n'avaient pas touché la fille purent maudire et raconter l'affreuse histoire de leur groupe, l'histoire de la Vierge Noire se terminait des années plus tard.
Terminé ? Pas tout à fait on entendit à nouveau parler d'elle quand deux autres groupes, un groupe de révoltés et un groupe de soldats carbonisèrent de l'intérieur, puis se fut le tour de quelques autres isolés, paysans, nobliaux, mendiants ou autres, à chaque fois les pauvres étaient impliqués dans une affaire sombre... Il parait que prier pour elle vous donne de la chance dans vos actions, mais si par hasard vous priez pour elle et que vous faites une action de truand dans la journée qui vient vous serez carboniser lentement dans les minutes qui suivent."

Briseys aimait cette légende, c'est bien pour ça qu'il prenait le risque de prier pour cette femme, il repensait à la première fois qu’on lui avait raconté cette étrange histoire, il en avait des frissons dans le dos mais ne pouvait s’empêcher de défier cette dame en priant pour elle. Ces pensées le firent sourire quand le gamin l’interrogea.
"

- « Mais pourquoi y sont morts les deux groupes, puisqu'ils ne connaissaient pas la légende ? »

Voilà une question intelligente, pensa-t-il, on dit que la progéniture est toujours moins bête que le géniteur. Il leva un œil sur les buveurs puis prit en souriant la peine de répondre au garçon. Ca lui était facile puisqu'il s’était lui-même posé la question quand il avait son âge, quand on lui avait raconté cette histoire.

- « Certainement que ces hommes s'étaient amusés à raconter l'histoire pour se faire peur autour d'un grand feu et qu'après ils firent un crime... »

L'histoire était bien entamée et déjà quelques curieux s'étaient rapprochés pour l’écouter, une vieille femme et un homme de mon âge. Les enfants, tous sages, les yeux pétillants, écoutèrent plus attentivement pendant que je commandai au tavernier une bonne bière. Je repris donc l’épopée.


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MessageSujet: Re: Un immigré qui vient foutre le bordèle ?! Bah Briseys...   Lun 10 Nov 2008, 21:44

Les débuts d'un racketteur.


- « 1451-1454 Il revint à ses premiers instincts et devint un brigand accompli. Il ne détroussait pas pour le plaisir mais pour l’honneur. Si vous êtes une femme et qu’un bandit a volé votre cœur en plus de votre bourse, soyez sûr que vous avez croisé Argantino, le noble bandit. Il parcourt maintenant les chemins des deux côtés des Pyrénées, écume les tavernes, trousse les dames et détrousse les riches. Et avant de sortir de sa planque pour se jeter sur sa proie, il se signe toujours par trois fois en l’honneur de la Vierge Noire et de son ami Rodrigue, qu’on appelait aussi le Maure et qui fut mort pour l’honneur de sa Reine.

Après plusieurs années de brigandage assidu, il décida de venir nuitamment en sa demeure familiale, embrasser ses parents et honorer la mémoire de Rodrigue. En rentrant dans la maison, il ne rencontra d’abord personne dans les couloirs sombres et silencieux. Il surprit la vieille Carlota dans un couloir, une chandelle à la main. Il dut la bâillonner de ses mains pour qu’elle ne donne pas l’alerte. Lorsqu’elle fut calmée, Argantino et sa nourrice discutèrent longtemps. La bougie que tenait toujours Carlota était presque morte quand le bandit s’enfuyait par la fenêtre, comme une ombre fugace.

La nourrice lui avait appris la mort de ses parents. Son père avait été tué par une faction clandestine lors d’une mission diplomatique hasardeuse menée à Bougie, et sa mère avait été emportée l’hiver suivant par le chagrin, la solitude et le froid. Seule Carlota errait encore comme un fantôme dans la demeure vide. Il la laissa a ses pleurs et partit visiter la tombe du Maure et de ses parents. Une petite lune éclairait la pierre tombale sans épitaphe, qu’il nettoya des outrages du temps. Il se signa trois fois, observa cette terre maudite qui l’avait vu grandir et la quitta à jamais. Etait-ce qu’il était partout recherché ou étaient-ce ces morts qu’il n’avait su pleurer ?

1454-1455 Alors qu’Argantino était poursuivi par la milice d’un riche marchand qu’il avait escroqué en se faisant passer pour un vendeur d’esclave, il fit une mauvaise manœuvre et se trouvait acculé. Il était blessé et les soldats de la milice se rapprochaient, il était fait comme rat en souricière. Dans l’empressement, il avait mal organisé son coup. Il fuyait sa terre natale et devait réunir rapidement une grosse somme, aussi avait-il recruté à la hâte quelques ivrognes en taverne et avait planifié ce coup sous de mauvaises augures. Il avait entamé sa prière ultime et se signait à tours de bras quand un jour se fit dans la bâche d’un chariot. Il s’y glissa sans attendre et s’écroula. Il ne pouvait rien distinguer qu’une faible lueur jaunâtre entre ses paupières mouillées de sang.

Il fut réveillé par la douleur que provoquait le chaos du chemin sur ses côtes brisées. Un groupe de marchands bourguignons l’avait recueilli et dissimulé pour le sortir de la ville. Deux familles s’étaient réunies et voyageaient ainsi, avec femmes et enfants. Ils étaient plus ou moins honnêtes et ne restaient jamais très longtemps au même endroit. Les enfants mendiaient, les femmes, Armande et Ursuline, proposaient du rapiéçage de braie et du rempaillage de paille, et aussi d’autres services. Saturnin et Epistemon commerçaient en fonction des opportunités apportées par les aléas des cours des marchandises. Ils savaient l’art de spéculer et n’avaient guère de scrupule. Argantino sympathisa rapidement avec le groupe et proposa ses services comme escorte. Les attaques étaient fréquentes, en échange les marchands lui apprirent la langue Française, leur savoir, et leur métier de tisserand. Et le convoi s’avançait vers le sud ouest.
 »


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MessageSujet: Re: Un immigré qui vient foutre le bordèle ?! Bah Briseys...   Lun 10 Nov 2008, 21:57

Un premier amour.


- "Ils arrivèrent ainsi au Portugal en ce printemps de l’an 1454. La troupe décida d’établir son camp à Bragance, ou les Bourguignons venaient souvent acheter les épices très recherchées dans le Nord, ramenées des Indes puis de Porto. Une foire réputée y avait lieu et les affaires s’y faisaient florissantes. Epistemon déballait ses curiosités de charlatan : une pierre étrange qui attirait le fer, un morceau de glace ramené des Pyrénées, et toutes sortes de babioles plus ou moins magiques dont les montagnards étaient friands. Alors qu’Argantino visitait la foire, il sentit une petite main experte fouiller sa besace. Il s’en fallut de peu que le grand bandit se fasse voler sans ambages par la créature fluette qui se tenait devant lui.

Sa main se tenait suspendue, qui allait s’abattre pour corriger l’insolente. Mais l’hidalgo ne s’en sentit pas la force. Son mépris des femmes était émoussé par son voyage, il appartenait maintenant à un groupe qu’il devait protéger, et son âme s’était adoucie. Attendri, il prit la jeune femme par un bras et partit la ramener à ses parents. La donzelle restait muette, mais il se renseigna sans peine et trouva son père. Jorge était un cul-de-jatte qui envoyait voler sa fille, il était trop fier, disait-il, pour quémander comme un mendigot. Argantino n’eut pas le cœur de sermonner l’infirme et il lui glissa une pièce. Il se proposa comme protecteur pour la jeune fille qui était recherché par des gros noblards victime de la jeunette. En plus des choses de l’amour, il apprit à Ciriella l’art de détrousser, d’intimider, de fuir, de mentir, l’art d’être brigand.

La foire se finissait et les marchands bourguignons repliaient déjà leurs camp et se préparaient à partir, mais le bandit se refusait à laisser sa compagne. Et rien ni personne ne l’attendait plus nulle part. Il salua les Bourguignons qui repartaient, la charrette gorgée d’épices et les bourses bien remplies. Quelques mercenaires les escortaient. Il passa l’été à écumer les chemins avec son apprentie, qui apprenait vite. Argantino qui avait pris de l’âge, s’attendrissait sur la jeunesse pétillante de Ciriella. C’était maintenant une brigande avertie qui savait jouer de son pouvoir de séduction. Il voulait l’épouser et s’installer à Bragance, prendre une échoppe et mener une paisible vie de famille.

Mais Jorge s’y refusait, il rappela que Ciriella avait fait vœu de s’occuper de lui au chevet de sa mère mourante. L’hidalgo devait se résigner à n’être pour son aimée que le tuteur. Il avait ouvert une échoppe de tisserand, où il vendait un peu de tissu et quelques vêtements, mais qui lui servait surtout à couvrir son activité de receleur. Ca lui permettait de ne plus courir les chemins et de s’occuper de sa protégée. Mais celle-ci se faisait volage, elle partait brigander seule. Des deux, c’est bien Argantino qui avait le plus besoin de l’autre. Un jour, elle vint le voir toute excitée pour le mettre en contact avec un voleur recherché qui voulait se débarrasser au plus vite de son butin. L’affaire serait juteuse, il fallait prendre beaucoup d’or, Ciriella était toute excitée. Argantino feignit la réticence mais il ne pouvait rien lui refuser. Il se rendit à l’endroit indiqué, qui était une grotte difficile d’accès. Hélas, c’était un groupe armé qui l’attendait. Dans l’ombre, il crut reconnaître Ciriella qui se riait de lui. N’ayant pas la force de combattre, il concéda tout son or qui ne lui importait plus.

1455-1456 L’hidalgo se retrouvait les poches vides et l’âme lourde. Une années avaient passé et la foire s’installait de nouveau à Bragance. Il retrouva avec plaisir ses amis bourguignons, Saturnin et son sens des affaires, Epistemon qui ramenait des nouvelles curiosités… Voyant son désarroi, ils lui proposèrent de repartir avec lui vers le Nord, par delà les Pyrénées. Il était curieux de ces contrées dont il avait beaucoup entendu parler par son père. Le temps de brader son échoppe et son maigre stock, et il repartait sur les routes sans revoir l’infirme et sa fille. Il n’avait pas de rancune et savait qu’il ne devait son échec qu’à sa propre défaillance."


La vieille s'était endormie, et les deux gros étonnés de voir leurs mômes aussi calmes s'approchèrent pour écouter l'histoire, un autre rôdeur s'était installé dans un coin de la taverne et fumait une pipe de chanvre, je le savais grâce à l'odeur que dégageait cette pipe. Il n'y avait plus un bruit, tous écoutaient l'histoire de ce brigand, même le tavernier qui lui ramena sa bière d’un pas très calme pour ne déranger personne.


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MessageSujet: Re: Un immigré qui vient foutre le bordèle ?! Bah Briseys...   Mar 11 Nov 2008, 15:25

Direction une certaine grotte.



- « En chemin, les discussions avec les marchands lui apprirent que les brigands étaient bien organisés dans les duchés du Nord. On lui rapporta qu’ils se réunissaient dans un lieu, qu’on appelait la Grotte des Joyeux Brigands, son père lui en avait déjà parlé et parait il qu'il y avait une réputation de bon brigand, dans cette grotte les bandits se transmettaient leur savoir, se refourguaient leurs marchandises, mettaient des coups en place… On y trouvait quelques poètes, beaucoup de grands buveurs, des informations utiles et des taupes en masse. Argantino avait toujours rêvé d’un tel endroit et brûlait de s’y rendre. Hélas, la mort frappa le convoi qui dut s’arrêter à Saragosse. Elle avait brutalement pris Ursuline qui succomba d’une maladie de couche. Il dut laisser là la troupe en deuil et finir seul le voyage. Il réunit ses affaires et c’est d’un pas décidé et preste qu’il se dirigea vers le Nord, où il avait quelques contacts.

1456- Argantino était déjà en retard dans son programme. Il avait escompté passer les Pyrénées au printemps, quand le ciel se faisait encore clément. Mais il avait été retardé par la rencontre d’une femme en taverne, dont les yeux à se damner, les hanches chaloupées l’avaient convaincu de s’attarder encore un peu en Catalogne. Malheur à lui car il apprit qu’il était attendu à Perpignan, et non par une galante. De solides gaillards de l’Ost, appuyés par un groupe de paysans rancuniers et d’honnêtes cocus l’espéraient patiemment. Heureusement pour lui, les soulots s’étaient montrés bavards en taverne et il avait eu écho de leur projet. Ils étaient sûrs de pouvoir le coincer là ou commençait la Méditerranée.

L’hidalgo des chemins décida de faire un détour, même si ça lui coûtait un dizaine de jours. Il passerait par Foix et rejoindrait Narbonne plus tard. Il connaissait suffisamment les Pyrénées pour ne point s’y perdre. En comptant juste, il connaissait suffisamment de sources et pourrait rejoindre son oncle berger au col du Pas. Le pérégrin se nourrissait comme moineau, se contentait de petits gibiers et de fruits secs. Il ne se lavait pas et sentait fort, mais il aimait marcher en garrigue. Il se rappelait le son des contrebandiers qu’il avait connus jadis et avançait de plus belle. Ne pouvant rester longtemps en compagnie de son oncle qui faisait transhumance, il se devait de rejoindre le piémont ariégeois avant le solstice d’été.

Un soir de son voyage, un lièvre s’offrit comme sacrifice à son coutelas, passant près de lui sans le voir ni le sentir, puant qu’il était. Argantino ne paraissait guère plus convenable qu’un vagabond, après huit jours de marche sans voir eau pour se laver ni couche convenable. Il saisit l’animal et partant pour le tuer sans plus de cérémonie, il fut saisi par son regard apeuré, ses yeux hagards : le lièvre était comme lui, offert à la mort. Il n’eut pas le courage d’y enfoncer sa lame. Il le relâcha dans l’instant et sa proie détala. Ainsi en serait-il d’Argantino, un gibier qui ne se peut saisir.

Alors qu’il rejoignait la plaine, des pèlerins de Saint Jacques croisèrent son chemin. Le groupe était constitué d’une veuve, de sa fille et de deux de leurs servants. Leur extraction noble était manifeste, de par leurs atours et leurs manières. Par réflexe, il se grima de terre et se mit en embuscade. Les voyant passer, il resta pourtant comme foudroyé par le charme de la belle, et ne dégaina point, mais resta au contraire tapi dans les fourrés. Etonné de lui même il continua son chemin. Pour la première fois, il avait goûté à l’amour sans tâter de sa chair. Quelle chose étrange… Il songeait à Doña Sabine qui l’attendait encore à Tarragone. Cette péronnelle refusait de se donner à lui mais disait l’aimer éperdument. Il ne la fréquentait que pour la voler et trousser sa bonne entre les rideaux. Mais soudain, elle lui manquait. Quelle étrange impression… Il chassa ces pensées de son esprit confus et continua son chemin.

Par chance, un marchand de ses amis partait de Foix pour rejoindre Toulouse. Il s’installa confortablement dans son char et se laissa mener en regardant les étoiles. Quelque chose en lui avait changé, et c’était irrémédiable. Ce lièvre et cette femme avaient laissé leur empreinte, c’était comme des présages qui signaient le destin de l’hispanique. Le voyageur rejoignit ses amis à Castelnaudary sans encombre, il y serait en sécurité. Il alla aussi à la rencontre de cette fameuse grotte, en effet son père y était connu, Argantino décida de reprendre son nom en son honneur, il avait un nom de brigand et un nom civil. Briseys.
 »


Dernière édition par Briseys le Sam 13 Déc 2008, 15:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un immigré qui vient foutre le bordèle ?! Bah Briseys...   Ven 14 Nov 2008, 22:40

La prise de Montpellier.


Délicatement j’amenai la choppe de bière à mes lèvres et bus la délicieuse liqueur, celle-ci me rafraichit l’esprit et hydrata ma gorge.


- "A Castelnaudary Argantino fit une incroyable rencontre. Une femme l'interpela lui disant ressembler à un dénommé Briseys. Je fit connaissance avec elle lui racontant mon histoire et lorsqu'elle apprit la mort de mon père elle m'adopta gracieusement pour avoir un droit de propriété en France.

Après quelques jours oisifs, vivant de ses butins passés dispensés en taverne, une curieuse missive le surprit dans sa torpeur. L’été aurait pu passer ainsi, fait de beuveries et de conquêtes amoureuses, si ce n’était cette nouvelle surprenante, qu’il reçut par une missive d’un de ses amis grotteux : Montpellier serait prise comme femme de petite vertu avant la prochaine lune. Le pari était audacieux, et le délai fort court.

Argantino n’avait que quelques jours pour se rendre à Montpellier où il n’était que peu connu pour s’y faire passer pour un honnête bourgeois de passage en Languedoc. Habitué aux usages des tavernes, il y fit de nombreuses connaissances et lia maints contacts qui se révéleraient utiles. C’est là que le galant apprivoisa une charmante dame à laquelle il ouvrit son cœur comme collet au gibier innocent. Son cœur était ouvert ainsi que sa couche, mais point son dessein de malandrin. Elle lui parlait des vertus d’Aristote, lui pensait à la puissance d’Hermès.

De sa langue habile, il convainc les bourgeois que la bande de voyageurs hirsutes qui entrait en ville n’était qu’une bande de Gitans de passage. De la trentaine de personnes qui lui était promise, il s’inquiétait de n’en voir venir que la moitié. Etant le moins connu des bandits, il était le plus à même de se renseigner auprès des habitants qui ne souciaient pas de voir là un voyageur qui disait venir de Castille. Ils étaient même ravis du parfum exotique qu’exhalait le voyageur, ils pourraient se flatter auprès de leurs pairs d’avoir des connaissances par delà les Pyrénées.

Malgré le manque de préparation, les bandits renseignés par Argantino décidèrent de précipiter leur opération. Les éléments paraissaient les accompagner : la lune était d’une noirceur d’encre et la torpeur estivale abrutissait les quelques gardes à moitié saouls. L’hidalgo fut heureux de ne voir aucun mort ce soir là. Il avait donné la mort et l’amour plus souvent qu’à son tour, mais c’était un plaisir de ne pas avoir à faire couler le sang. Ses compagnons et lui n’avaient qu’à assommer les uns après les autres les gardes affaiblis par leur nonchalance. Ces enclumes étaient concentrées sur l’horizon, par delà les remparts. Il offraient le dos aux ombres qui se glissaient en silence dans toute la ville.

La suite constituait un spectacle des plus plaisants : l’ordre qui régnait par usage était inversé. Les bandits se firent gardes et duc, et les soldats furent mis en geôle. Il était en fait plus long, difficile et laborieux de compter le butin que de le prendre. Le temps pour un nuage de passer, les défenses étaient battues. Contrairement aux rumeurs qui ont couru depuis, nul viol, nul meurtre ne fut commis. Il paraît même que des dames honorables s’en trouvèrent déçues. Il semblait que la ville était en rut, et qu’elle réclamait d’être prise depuis longtemps. C’était une courtisane opulente, qui ne se satisfaisait point de la tiédeur des bourgeois. La bande n’en revenait toujours pas, comme un puceau dans le lit de la favorite après l’avoir honorée et satisfaite. Les bandits essayaient de se garder d’une euphorie trop rapide lorsqu’un jeune messager vint en courant, demandant à parler au nouveau duc de Montpellier. Un gaillard sortit du groupe indistinct des brigands puis se présenta comme le duc en question. Sans plus discuter, le messager l’amena dans un endroit où l’attendaient plus de 10000 écus. Le bandit resta sans voix, le messager le regarda, et lui dit fièrement que le maire de Narbonne avait appris les malheurs qu’avaient subi la ville de Montpellier et qu’il avait souhaiter l’aider à se remettre. L’homme ramena l’or et le messager auprès des autres pillards, et l’on entendit rire longtemps. On présume ce qu’il advint du surcroît inespéré de butin, mais personne ne sait ce qu’il en fut du jeune messager.

Mais l’aube advint telle un seau d’eau froide. Les malfrats ne savaient que faire de toute cette richesse, écus et marchandises. Certains se disputaient comme des enfants affamés les objets épars. Bien entendu, les contre-attaques ne tardèrent pas. Mais l'ancien duc du Languedoc, au lieu de prendre l’épée, s’en fut se plaindre dans les jupes royales pour réclamer l’intervention des troupes de tout le royaume. Longtemps, l’on entendit le pleutre se lamenter en haut lieu pour qu’on lui rendît sa chère ville, la terre de ses ancêtres qu’il n’était pourtant pas capable de défendre. On ne saurait décliner la totalité des surnoms dont il est affublé depuis. Homme incapable de défendre sa terre et son château est-il digne d’en avoir la responsabilité ? Le Duc doit être homme de guerre, et non pleureuse…

Le soleil frappait déjà en zénith et la bataille faisait rage, des armées entières contre une poignées de brigands… Pendant ce temps, quelques malfrats portant robe de justice comme déguisement de carnaval se firent un plaisir et honneur de juger les nobles, marchands et soldats qui n’avaient pas fui comme lièvres en perdition. Ils les avaient jugé vite et mal, et fort partialement, comme toujours brigands le furent. Il paraît que certains hommes de robe, et soldats de garnisons furent pendus haut et court, non par les bandits mais par la populace, mécontente du traitement qui lui était fait depuis longtemps.

Argantino ne fut cependant pas assez enivré par la situation pour oublier de dissimuler sa part de butin, avant de que de se battre vaillamment contre les assaillants pendant plusieurs jours. Probablement, les bandits auraient pu garder le château si chacun n’était occupé à cacher son trésor, à transporter sa carcasse en lieu sauf et sans danger. Mais pour l’heure, ils ne pouvaient plus continuer à faire semblant de vouloir garder le château, c’était trop onéreux en hommes et en armes. Ils risquaient de perdre leur butin par surcroît. L’hispanique proposa à ses compagnons de venir se réfugier avec lui en Castille, où il connaissait une planque imprenable. Ils pourraient y jouir de leurs richesses et y faire venir de nombreuses catins. Mais les malfrats se méfiaient du passage étroit des Pyrénées, réputé claffi de souricières. Il avait beau leur répéter qu’il connaissait les Pyrénées depuis son enfance et qu’il y avait de nombreux amis prêts à les aider, ils ne voulaient rien savoir.

Une dispute éclata à propos du juste endroit où fuir en sécurité, certains parlaient du Rouergue, d’autres voulaient aller en Provence. Il fallait réagir au plus vite, la réaction des armées ne se ferait pas attendre : ils allaient tout faire pour coincer les fuyards. Argantino laissa la ses compagnons pour se diriger vers l’Ouest, puis vers le Sud. Il fut rendu en Espagne rapidement, après un voyage sans encombre et presque sans halte. Il n’eut point le loisir de goûter le repos qu’il méritait pourtant. Le fourbe duc du Languedoc, ne pouvant ravaler l’affront, signa un traité de coopération avec l’Aragon. Le voleur était pris en étau, il n’a pas eu le temps de songer à sa fuite que déjà, il était arrêté, jugé à la hâte et jeté en prison.
"


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MessageSujet: Re: Un immigré qui vient foutre le bordèle ?! Bah Briseys...   Mer 10 Déc 2008, 18:39

J’étais en pleine action dans mon histoire quand elle fut interrompue par le claquement de la porte, je me retournai et vis un groupe de six policiers entrer dans la taverne, le bruit de leurs bottes pleines de terre contre le parquet propre de la taverne fit le silence pour laisser place au son du fil d’inquiétude. J’étais recherché pour le crime qui suit l'histoire, je dissimulai mon visage calmement derrière ma main, accoudé sur la table de peur d'être reconnu. Je m'étais arrêté dans l'histoire pour espionner les hommes quand la vieille qui s'était réveillée me tapa dans le genoux gentiment et me demanda de continuer l'histoire, ma voie la berçait, disait-elle. De bon cœur pour cette mamie, et pour le plaisir de prendre le risque de me faire attraper par ces sbires je continuai l'histoire d'un ton plus grave et sec de manière a me faire remarquer.


- « Le brigand y resta de longues semaines, se morfondant, songeant aux femmes qui devaient l’attendre (à n’en point douter) et aux richesses dont il ne pouvait profiter. Il avait probablement assez d’argent pour couler des jours paisibles sans plus se livrer au brigandage, car c’était un métier qu’il faisait sans plaisir. Sale, affublé d’une barbe mal entretenue, l’hidalgo habituellement élégant avait perdu de sa superbe. Alors qu’il se morfondait, un fracas inattendu le tira de ses pensées sombres. Un groupe armé et visiblement bien entraîné attaquait la prison. Lui ne pouvait qu’observer la scène, impuissant à les aider. Sans tarder, il fut libéré et se jeta dans l’instant sur son geôlier qu’il égorgea comme un porc. Il poussa un soupir de soulagement, puis félicita et embrassa un à un ses libérateurs. Hélas, il ne put les payer comme il l’aurait voulu, la majeure partie de son trésor étant resté en Languedoc. Il apprit plus tard que ces mercenaires étaient envoyés par son ami le Furet, auquel il restera éternellement reconnaissant.

Il partit se réfugier à Castelnaudary, car il savait le comté de Toulouse n’avoir aucun traité actif avec le Languedoc. Le Toro missionna quelqu’un pour récupérer son trésor, il ne ferait pas le plaisir au duc fourbe de se présenter en personne à Montpellier. Il put passer alors des jours tranquilles dans ce pays calme. Il aimait à traîner les tavernes, se faisant passer pour un gentil et honnête philosophe, ou séduisant les belles et les soustrayant à leur bourgeois. Souvent il entend parler de la prise de Montpellier. Alors il s’approche et écoute attentivement. Il se délecte des fausses rumeurs qui courent et se répandent sur cet événement qui restera dans l’histoire. 
»


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MessageSujet: Re: Un immigré qui vient foutre le bordèle ?! Bah Briseys...   Sam 13 Déc 2008, 14:56

La prise de Tours.



- « L’été passait vite et laissait place à un automne qui s’annonçait morose. Argantino ne comptait pas se laisser gagner par la mélancolie hivernale, et déjà de nouvelles perspectives s’ouvraient. L’argent en manquait pas mais il n’était pas fait pour la vie de coq en pâte, le besoin d’action se faisait ressentir.

Aussi reprit-il contact avec ses compagnons, avec lesquels il organiserait une belle prise de château, voilà qui les délasserait et rappellerait la bande au bon souvenir de tous les partisans de l’ordre. Il n’était plus question de traîner dans le sud, mais des contacts sûrs révélaient certaines faiblesses dans la protection de la bonne ville de Tours. Quelques amis infiltrés, un maire délétère, un duc impotent et une armée incapable plaçaient la chose sous les meilleures augures. »


A l’entente du mot « Tours » les policiers se retournèrent vers moi, muets. Ils me fixaient comme le ferait un animal avec sa proie. L’attaque était toute fraîche et tous les assaillants du château étaient recherchés, dont moi. J’étais en Champagne, duché qui faisait partit du Domaine Royal avec le comté de Touraine. J’étais près de Reims, ville considérée comme la capitale du Royaume et une menace brigande dans les alentours serait vraiment très mal vue. Je continuai mon histoire en souriant légèrement en signe de provocation.

- « Argantino avait pris l’habitude d’organiser ces affaires à distance, il était désormais connu de ce côté-ci des Pyrénées. Une fois l’affaire en place, il se rendrait sur les lieux au dernier moment, ça évitait les mauvaises surprises. Malheureusement, il avait été retenu. La chronique tait par pudeur les raisons de son retard. A n’en pas douter, sa belle qu‘il avait rencontrer il y a deux mois un peu après la prise de Montpellier. Il arriva donc sur place avec du retard, en ce soir d’octobre. »


Les six gaillards comprirent avec la suite de l’histoire que le brigand de ce récit était d’origine espagnole, et par le plus grand des hasards j’avais aussi des traits hispaniques. Les hommes burent leurs fin de choppe d’un trait et s’approchèrent de moi la main sur leur le manche de leur épée, marque du sceau de l’ost de Champagne. L’homme qui était à leur tête devait être un sergent, je ne pus le vérifier puisqu’ils commencèrent à m’encercler, le sergent était alors derrière moi et devait attendre une preuve concrète pour m’arrêter. Je commençais à m’inquiéter mais je voulais aller jusqu’au bout de mon récit alors je continuai.

- « Le plus gros de la bataille était déjà achevé, Argantino arriva juste à temps, et referma les portes derrière lui. Les combats s ‘étaient révélés plus ardus qu’escompté, et la bande était éprouvée quand les affrontements cessèrent. Quand le climat fut tout à fait apaisé, les brigands réunirent le personnel pas trop amoché et ordonnèrent de mettre en place un festin de guerrier, un festin de conquérant, un festin constitué de bonne viande, de nombreuse variétés de fruits et légumes, du poisson et bien sur du rhum et de la bière.

Alors qu’Argantino et ses amis festoyaient, du bruit se faisait entendre en cuisine. Une soubrette refusait les caresses badines d’un malfrat poussé à bout par de longues semaines à vivre reclus, loin de la moindre croupe féminine. On ne déplorera jamais assez les affres de la solitude dans lesquels les bandits étaient jetés par les impératifs de la vie nomade. Quand il arrivait qu’un de ces malandrins prenne femme, tôt ou tard celle-ci demanderait litière pour pondre sa marmaille. C’est pourquoi il faut comprendre, si un jour vous subissez tel assaut, que les pilleurs ont parfois des pulsions bien légitimes qui ne répondent qu’à des impératifs d’hygiène.

Mais cette soubrette-là n’avait que faire de l’hygiène publique, et elle avait le caractère retors. Et bon, la plupart des assaillants étaient ivres au delà des limites de l’ébriété, et Argantino n’était pas d’humeur à discutailler. Sa douce tête fut tranchée séance tenante, et le problème fut réglé. Le reste du personnel, exclusivement féminin (tous les hommes furent occis, on ne sait jamais) se montra alors bien plus conciliant. Même, certaines allaient aux devant des souhaits et désirs de la troupe et se déshabillèrent pour nous servir le festin clandestinement accompagné du corps de la décapité sous les ordres de l‘Hispanique. Comme quoi il ne faut pas s’embarrasser de trop de pudeur déplacée d’une part, et d’autre part avec un peu de coopération on arrive à tout.

L’équipe était rôdée est le pillage du trésor fut rapide. Ils eurent même le temps de fanfaronner sur les remparts, chantant des chants d’ivrogne et de brigands. Cette partie du récit reste obscure, les participants étant à ce moment-là dans un état de conscience qui ne leur a pas permis de se remémorer ce qui s’est passé. Un habitant qu’on a pu retrouver a raconté que leurs outrages n’avaient pas de limite, certains auraient montré leur séant, la morale fut bafouée, de la graine de démons, engeance de taulard, enfin bon, un témoignage d’un villageois, quoi.

Le matin blanc pointait et l’ivresse s’émoussait. La bande revenait à la réalité, des remparts un guetteur avaient vu une armée passée dans les parages. Séance tenante, ils réunirent leur butins, leurs mandats et coururent après l ‘armée qui détala sans demander son reste. On raconte que la bande se dirigea dans son élan vers la Champagne, sans doute pour s’y reposer. »


Le mot de trop fut prononcé: « Champagne ». Le sergent ordonna à ses hommes de sortir leurs armes de leurs fourreaux, d’un coup la panique s’installa dans la taverne. Les deux grosses brutes se levèrent en grognant, la mémé se mit a brailler pour pouvoir écouter la fin de l’histoire, les enfants tout excités de voir un vrai combat, le rôdeur qui ne bougea pas d’un poil et le tavernier qui partit derrière son comptoir. Voyant la panique dans la taverne, le sergent voulu calmer la compagnie en expliquant la situation, que ce n’ était qu’un contrôle de routine et tout son blabla habituel, la grand-mère se mit à se révolter en insultant de tous les noms le jeune officier, elle ne devait pas aimer qu’on la dérange en pleine activité, pendant qu’elle faisait la morale au policier je continuai mon histoire pour les enfants.

- « Les Tourangeaux firent mieux, plus drôle et plus sophistiqué que le Maire de Narbonne qui envoya par erreur dix mille écus aux assaillants de Montpellier. Les habitants, pris par un élan de courage, se décidèrent à réagir et prendre les choses en main. Quelques rudes gaillards au front bas s’équipèrent, et s’en allèrent prendre la mairie, non sans une certaine inquiétude. Mais ils furent rassurés en ne rencontrant aucune résistance. Un des villageois qui faisait son petit malin assurait depuis le départ que c’était le château qu’il fallait reprendre et non la mairie, c‘est imbécile c‘était trompé ! Mais bon leurs petite bêtise fut en notre faveur puisque des brigands de notre groupe en on profités pour eux aussi reprendre la mairie. Les habitants furent tout à fait confiant dans ces villageois inconnus aux airs de brigands pour transférer des marchandises de la mairie, qu’on ne put retrouver. D’après les témoignages de certains brigands, Tours est une ville fort plaisante et agréable, où les villageois sont accueillants, le site idéal pour une petite pause dans un voyage. »

[HRP/ Je souhaite encore remercier le scribe Zarathoustra pour ses récits (les récits en italique).]


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MessageSujet: Re: Un immigré qui vient foutre le bordèle ?! Bah Briseys...   Sam 13 Déc 2008, 14:59

Bastonnade en taverne.


- « ASSEZ » Cria le sergent furieux, la mamie qui le disputait et moi qui le méprisais en continuant mon histoire aux jeunes enfants, tout ça l’avait sérieusement énervé. Sous son ordre je me tus, de toute façon j’avais fini mon histoire, je me levai, me retournai et le regardai, le petit sergent avait une tête de teigneux et était tout rouge, je me mis à sourire contre mon gré en voyant sa sale trogne, ce qui l’énerva encore plus.

- « TOI L’ETRANGER ! COMMENT PEUX TU CONNAITRE LE DEROULEMENT DE L’ATTAQUE DE TOURS ? »

Sans que je puisse prendre la peine de répondre pour me sortir de cette situation embarrassante, l’homme au fond de la taverne, le rôdeur se leva déroula une affichette et s’exclama haut et fort.

- « Tout simplement par ce qu’il y était à cette attaque ! » L’homme déplia son affichette ou était représenter mon visage avec en dessous un nombre, « 10 000 écus pour la tête de cette homme, Argantino, potentiellement dangereux, accusé d’avoir pris les châteaux de Tours et de Montpellier, d’avoir pris la ville de Saint Bertrand des Comminges, de multiples coups et blessures en taverne, et récidive de racket sur plusieurs routes de notre bon Royaume. » Toutes les personnes présentes dans la taverne se retournèrent vers lui, uns seule phrase sortit de ma bouche, elle fut la phrase la plus surprenante de ma soirée.

« Je suis si beau que ça ? »

Le sergent se retourna vers lui, regarda l’affichette et lui ordonna de se présenter, je lui épargnais cette peine quand je reconnu l’homme.

- « Il est un chasseur de brigand, Elvestre machin truc si je ne me trompe pas et il est là pour moi » Sous le feu de l’action je sautai sur la table et me présentai.

- « Car je suis bien le Brigand Argantino senhor de Vega y Lopez assaillant du château de Tours ainsi que celui de Montpellier et il parait que celui de Reims est sur ma liste ! »

En entendent ses mots, le sergent ordonna mon arrestation à ses hommes. L’épée en main ils s’avancèrent vers moi, me sentant coincé je pris la gamine qui était sur une chaise dans mes bras et lui mettant la lame sous la gorge, je la menaçais de la tuer si personne ne me laissais un chemin de fuite. Le sergent tellement en colère s’approcha de moi et dégagea d’un violente baffe le gamin qui s’interposait entre moi et le policier. Brave gosse, il voulait protéger sa jeune sœur, ce qui est sur c’est que le brave père et son ami n’eurent aucun problème pour venger le gosse, un des ogres prit sa hache qui se trouvait toujours à côté de lui et déboyauta le bide du sergent. Celui-ci fit un long vol plané avant de s’écraser contre le mur de la taverne. Le pauvre n’avait aucune chance de s’en sortir pendant que l’un faisait son crime l’autre barbare arriva sur moi, pour éviter le bain de sang je lui balançai la gamine dans les bras avant d’ajouter ma phrase finale.

- « Messieurs, Mesdames, vaquez à vos occupations je vous laisse. Sachez seulement que l’histoire contée est mon histoire, souvenez vous en car vous la réentendrez rapidement HA ! »

La fin de ma phrase dite, une phrase que personne n’écouta, je me retournai pour sortir de la taverne quand je vis arriver mon chasseur qui se posa devant la sortie. Je soupirai et en regardant tout autour de moi, le tavernier planqué derrière son comptoir, les cinq policiers contre les deux brutes ainsi que leur môme dont un gravement blessé à l’œil, et la grand-mère en train de frapper un policier a terre encore sous la colère d’avoir été interrompu.

Je sortis ma rapière, la pris bien en main et engageai le combat. Le bougre se débrouillait bien, mais je préférais me la jouer en finesse et en élégance pour l’enrager un peu plus. Ca marcha puisqu’il doubla sa puissance et se fatigua bien assez vite, le pauvre n’était pas du tout à mon niveau. Pour son bien et celui de la femme de ménage de la taverne j’organisai le combat de telle sorte que nous nous trouvions en place inverse, j’étais maintenant entre la sortie et lui, il me fallait plus que le déconcentrer, mais quoi ? Après trente secondes de réflexion je fouillai dans ma poche et sortis un objet tout rose d’un mouvement rapide. Je lui balançai la peluche dans les dents, pauvre castor. L’homme déconcentré recula et je pris le temps de lui claquer la porte au nez. Sorti de la taverne je montai sur ma monture et galopai en laissant derrière moi un nouveau champ de bataille, j’essuyai de ma manche la sueur qui coulait sur mon front et je souriai en voyant la garde rappliquer devant moi, sûrement alarmée par un passant ayant entendu les cris et le bruit des fracas des épées. Bref, j’étais tellement content de mon coup que je me permis de chanter l’hymne au brigand pendant que je pensais à mes amis et tout particulièrement à ma douce que je partais rejoindre.
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MessageSujet: Re: Un immigré qui vient foutre le bordèle ?! Bah Briseys...   Sam 13 Déc 2008, 15:00

- "Allons amis brigands
Nous sommes hors-la-loi
Et nous courons sans foi
Détrousser les manants

Aux nobles et aux valets
Les bourses nous volons
Au diable l'écusson
Qu'ils portent à leurs livrées

Buvons, buvons, en brigands assoiffés
Chantons, chantons,et volons en gaité
Courons, courons, v'la la maréchaussée

Au détour d'un fourré
Rusé comme L'Renard
Caché sous son foulard
A l'embuscade vous tombez

Et partageons en frères
L'amitié et les femmes
Nous, les crapules infâmes
Sans honte et sans frontières

Buvons, buvons, en brigands assoiffés
Chantons, chantons,et volons en gaité
Courons, courons, v'la la maréchaussée

La fierté chantante
A nos dames de cœurs
Leurs apportant sur l'heure
Des écus trébuchants

Revendiquons le fait
D'aimer la liberté
Pillards invétérés
Refusant pauvreté

Buvons, buvons, en brigands assoiffés
Chantons, chantons,et volons en gaité
Courons, courons, v'la la maréchaussée

Allons piquer des thunes
A ces affreux noblards
Dont nous sommes avares
Détournons les fortunes

Que ces écus bien gagnés
Nous claquons en taverne
Et que seul se prosterne
Un tonneau bien vidé

Buvons, buvons, en brigands assoiffés
Chantons, chantons,et volons en gaité
Courons, courons, v'la la maréchaussée
"
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