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 Ma vision de l'affaire

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Charlie
Bandit international
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MessageSujet: Ma vision de l'affaire   Dim 20 Juil 2008, 05:13

Voilà quelques jours que je n'ai pas vu les lumières d'une ville. Je pousse mon canasson à fond parmi les ronces et les forêts, là où aucune route n'est tapée. Les carrioles que nous trainons sont lourdes et très peu discrètes. Je ne comprends toujours pas pourquoi nous sommes sortis du Languedoc. J'ai reçu une lettre du maire de Montpellier. Une mise en procès. J'avoue que ça change un peu mes plans. Je ne pensais pas devoir entreprendre des négociations si tôt dans ma cavale. Si tôt, que la poussière des charrettes n'est même pas retombé encore derrière nous.

Je regarde le peu de personnes qui m'ont suivi. Évidement, nous nous sommes tous dissous après la fuite du château. L'un des avantages de ne pas être un clan. Certains auront la chance de s'en sortir et cela me fait sourire. Un baume. Dans la noirceur de la forêt, je repasse les événements de l'attaque incessamment dans ma tête. Nous avions tout prévu. Tout, sauf que Pepe_Kaly pourrait devenir Com du Rouergue. La vision de son regard empreint de dédain pour les Gusàs suffisait pour me faire rager. Les hommes comme lui n'ont aucune fierté. Ils vendraient leur propre mère pour pouvoir mendier un tant soit peu de reconnaissance de ses pairs. Ceux-ci ne tarderont certainement pas à se rendre compte du mollusque qui gère leur comté.

À tout moment, je regarde derrière. Non par regret, mais parce que je m'inquiète d'Anthelme. Il n'a pas suivit le groupe et je ne sais pourquoi. Je déteste ce sentiment d'inquiétude. Voilà pourquoi je m'étais toujours gardé loin des pièges de l'amour. M'inquiéter pour quelqu'un, regarder derrière. Toutes des façons de dévier notre attention du danger. Je me suis certainement crû au dessus de tout ça. La menace qui pèse me ramène durement à la réalité.

Ma réalité pour le moment est que je me trimbale un groupe qui m'a épaulé pendant toute cette attaque, ce projet un peu fou que de prendre le Château du Languedoc, le siège du conseil comtal à Montpellier.

Une envie d'action, quelques pigeons. Un château peu défendu repéré. Quelqu'un a proposé de l'attaquer. Je ne me souviens plus qui... Ha si, Volkerball. Brave ami, mentor. Enfin, c'est lui qui avait repéré la capitale sans défense. On en avait bien rit. Puis, je suis revenue voir. Après avoir compté nos effectif, je n'ai pu que constater notre infériorité et puis bon, personne qui sait comment le vider ce château. Il faut pouvoir se dépêtrer dans les corridors... Et là, ça m'est venu. C'était dans ma face et je n’y avais pas pensé. Ody, bien sûr qu'Ody embarquerait. Et puis, y'avait pas les Loups qui devait faire un coup dans le coin? Après plusieurs échanges de message on y était. Plusieurs Rroms, Loups, Gusàs et indépendants prendrait part à ce projet fou de prendre un château avec une poignée d'hommes. Une poignée mais nous serions suffisant.

C'est à ce moment que les problèmes ont commencé. Un avait pris du retard, l'autre une cuite qui l'avait empêché de prendre la route le soir venu. L'autre voulait revoir sa copine et avait rebroussé chemin. Je ne reconnaissais tellement plus les brigands dans ces nouvelles. J'étais bouche-bée. Tous un tas d'incapables, de fainéasses sans parole. Nous avons donc avancé, reculé la date butoir. J'ai voulu changer les plans et me rabattre sur Lodève. Mes hommes, mes fidèles, les forts et les sages me convainquirent que je devais maintenir le cap, que la chance était avec nous. C'est ainsi que j'ai décidé de poursuivre ce projet qui devenait de plus en plus fou.

Un jour avant l'attaque, la nouvelle tomba. J'avoue que j'avais été très inquiète. Il y avait plusieurs jours que je n'avais plus eus de nouvelles du chef des Loups. Mais ce jour-là, Overman vint me voir, la mine un peu inquiet. Lui-même ne semblait pas comprendre mais il m'annonça que sa meute ne serait pas là. Ce qu'il me disait là, je crois, me dégoutera à jamais de ce genre de personne. Plus d'une quinzaine d'hommes ne pourraient répondre présents le jour de l'attaque, le lendemain...
Et ça osait s'appeler une organisation. J'étais dégoutée. Si Overman ne m'avait pas prévenu je ne l'aurais jamais su. Enfin, si, mais le jour de l'attaque.

J'aurais aimé dire et me souvenir que j'avais fait preuve à ce moment là d'un calme étonnant. Mais non, j'étais terrifiée, paniquée. Tant d'hommes qui comptaient sur moi et à qui je poussais à la fosse publique. À ce moment là, j'ai convoqué tout le monde. Ceux qui ne pouvaient y être étaient au moins représentés. J'ai exposé les faits encore une fois. Un projet fou, prendre un château. Un projet qui avait estimé le nombre de ses assaillants à plus de quarante se voyait maintenant amputé de plus de la moitié à cause des abandons, retard et des Loups... Je me souviendrai longtemps de ce que vaut la parole de leur chef. Parole qui me laisse un goût amer au fond de la gorge. Chacun avait écouté mes paroles avec calme. Pour ce coup, j'avais fait appel à plusieurs personne reconnu, d'autre moins mais qui avait totalement ma confiance. Encore une fois, la race brigande m'étonnera. Mais pas négativement, ces guerriers qui se tenaient là devant moi étaient la crème. Je les regardais avec fierté. Tous avaient accepté et ce avec empressement de faire selon nos plans.

Le lendemain nous étions dans le château. Notre entré avait été étrange, quelque chose d'irréel. Un silence. Presque personne n'avait défendu, préférant certainement leur vie à quelques écus. Une quinzaine de personne s'était regroupé à l'entré, se regardant tous avec stupeur. Nous ne semblions pas y croire. Nous y étions, mais ne le réalisions pas. Jusqu'à ce que l'un d'entre nous fasse éclater son grand rire gras. Nous lui avions enchainé nos éclats de rire joyeux, constatant soudainement avec bonheur ce qui nous arrivait. Galuche je pense qui avait lancé ce rire de la victoire. Sacré Salaud.

À partir de ce moment, chacun savait quoi faire. Chacun avait eu les instructions et ce qu'il devait accomplir avant le couché du soleil. J'ai du chasser de moi toute émotion, tout sentiment. Il fallait que je sois efficace et coordonner toutes les personnes présentes. C'était tâche facile avec des guerriers efficaces et vaillants. La journée a défilée à un rythme fou et le moment de la fuite vint.

C'est ainsi que je me retrouve à ces réflexions, aux cotés d'une poignée d'hommes toujours. Une poignée d'hommes soit, mais une poignée forte et solide. Aucun d'entre-nous ne se laissera submerger par la peur. Aucun d'entre-nous ne se mettra à genou devant une justice écrasante. Je les regardais, fière d'eux. Je mourrai peut-être au bout d'une corde, mais je mourrai fière. Je mourrai peut-être, mais je mourrai debout. Jamais je ne ramperai, jamais ...
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Charlie
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MessageSujet: Re: Ma vision de l'affaire   Lun 21 Juil 2008, 07:11

Encore une drôle de décision. Nous étions postés au milieu de nul-part à attendre. Galuche et Anthelme n'était pas avec nous. Odysseus n'avait pas la confiance et le détachement que j'avais. Il insista pour que nous attendions quelques jours. Bien que je ne sois pas d'accord, je ne voulais pas non plus prendre le risque de continuer seule. Quoi que... J'étais donc assise là, dans le noir. Pas question de faire un feu, nous serions bien trop visibles. Quoi que les pigeons d'Ody n'étaient pas très discrets non plus. Chacun d'entre-nous chiquait son quignon de pain en silence. À l'affut du moindre bruit anormal de la forêt.

Un soir, tous les autres dormaient. Je me suis approchée d’Ody pour lui demander où il en était avec les négociations. Nous avons eu une vive querelle ce soir là. Il s’obstinait à négocier pour les autres, trouver un endroit où chacun d’eux pourrait se rendre et être en sécurité. Le temps pressait, je me souviens avoir fortement insisté pour qu’il concentre ses efforts sur la négociation avec le Languedoc. Pour nous. Ceux qui n’étaient pas encore en procès avaient encore de grande chance de s’en sortir, nous, beaucoup moins. Tellement proche de la potence que je pouvais presque sentir la rugosité de la corde sur ma peau.

Cette nuit là je dormis mal. Des rêves, plus affreux les uns que les autres. J’avais vu dans mes songes tous mes amis, les quatorze autres à avoir participé à l’attaque tous alignés sur une immense scène, pieds et poings liés, comme aimait le dire le juge du Languedoc lors de mes précédents procès. J’assistais à cette horreur et j’étais incapable de bouger. Même avec toute la volonté que je pouvais trouver en moi, même le plus petit orteil ne bougea pas. De l’autre coté de la scène, apparut les ducs et duchesses, les comtes et comtesses des terres voisines s’approcher et par la simple force de leur pensées, ils m’ont fait faire un geste atroce. Un à un, d’un coup de pied vif, je faisais basculer le banc qui était dessous chacun de mes alliés. Un à un, je les avais poussé vers la mort.

Je m’étais réveillée en sursaut, en sueur. Revivant à l’intérieur ce que j’avais ressenti dans mon rêve. Si réel. Je dû porter mon regard sur mes compagnons afin de m’assurer qu’ils étaient toujours véritablement vivants et toujours avec moi. Ody. Ody n’était pas là. Il était où? J’entendis chuchoter mon nom dans mon dos. C’était lui. Mon ami m’amena à l’écart et m’annonça une terrible nouvelle. Malgré ses efforts et maintes tentatives, le Languedoc refusait toute négociation des procès qui étaient déjà entamés. Les images de mon rêve vinrent fouetter mon esprit. Tous mes amis alignés, une corde devant eux…NON!

C’était lui qui avait eut raison. Nous devions sauver ceux qui pouvaient l’être. Il s’acharna donc à nouveau à faire jouer de ses contacts. Pendant ce temps j’élaborais un plan dans ma tête. Je n’avais ni contact, ni connaissance diplomatique. Mais je savais jouer de ruse. J’annonçai donc à Serrallonga et Lyss que je me séparerais d’eux. Je savais que Lyss serait en sécurité avec Serra. Il veillera sur elle comme il le fait sur chacun de nous. Ensuite, je me retirai à l’écart et ai écrit une missive à mes amis les Rroms et aux indépendants qui s’étaient joints à nous l’instant d’une nuit, le temps de vivre un vieux rêve brigand. Ne jamais plier devant l’adversité, je devais leur redonner le courage de poursuivre leur route. Jusqu’au moment où ils seraient en sécurité. Leur dire et les convaincre que tout ira bien.

Une fois le tout fait, j’ai démantelé le convoi qui transportait les choses de Serra, de Lyss et les miennes. J’attelai ma part à mon canasson. D’un bon, je passai une jambe par-dessus son dos. Ody me regardais faire. Il savait où j’allais. Je lui fis un clin d’œil amical, un clin d’œil qui voulait dire « Tout ira bien » puis d’un claquement de langue j’ordonnai à mon cheval de prendre la route.

La conviction qu’ils s’en sortiraient, le sentiment qu’ils seraient forts, la certitude qu’un jour les gens comme nous cesseraient d’être opprimés me donna le courage d’avancer vers le but que je m’étais fixé ce matin là. L’un d’entre nous devait aller dire au Languedoc que jamais plus il ne reverrait son argent. Que JAMAIS il ne fera mettre à genou l’un des brigands qui a prit part à l’attaque cette nuit là.
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MessageSujet: Re: Ma vision de l'affaire   Lun 21 Juil 2008, 23:53

Superbe récit
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Charlie
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MessageSujet: Re: Ma vision de l'affaire   Mar 29 Juil 2008, 14:50

Une dernière nuit de campement avant la frontière du Languedoc. J'ai écrit deux lettres ce soir. J'avais pris la peine de bien élaborer mon plan. Il devait être infaillible, mais quand même, je m'étais préparé à toute éventualité. Pendant trop longtemps j'avais presque ignoré son existence. Ne faisant qu'envoyer assez d'argent pour faire vivre cet orphelinat. C'était ce qui avait été convenu pour la préserver de tout cet univers. Je payais les frais d'opération de l'établissement et elles, ces femmes de Dieu qu'elles aimaient se faire appeler, s'occupaient de la rejeton. Elles devaient protéger la petite de tout préjudice que le nom de sa mère pourrait lui porter. Tout cela allait certainement changer si elle devait mourir pendant cette mission qu'elle s'était elle-même donnée. Peu importe si elle léguait une richesse digne d'un petit Duché. Il valait mieux prévoir au cas où je ne pourrais plus surveiller.

Une rencontre secrète avait eu lieu avec une connaissance. Je ne la connaissais pas depuis longtemps, mais je savais que je pouvais lui faire confiance et surtout, qu’elle ne tenterait pas de me retenir dans mon projet. Rapidement, nous avons fait l’échange. Il ne fallait pas se faire remarquer. L’important était que le Languedoc perde la trace des marchandises. J’ai décidé tout de même de garder une bonne partie des objets ainsi que presque 2000 écus sur moi. Je ne savais pas combien de temps durerait le voyage et je devais subvenir longtemps sans devoir me présenter dans une ville. Les sacoches qui pendaient chaque côté de ma monture craquaient presque sur les coutures tellement elles étaient chargées. Heureusement que je n’avais gardé ni pierre, ni fer. L’intermédiaire elle, devait garder en sécurité ce que je lui avait donné jusqu’à ce que ma fille vienne le réclamer. Je ne sais pas dans combien de temps, je ne sais pas combien de temps mettront les sœurs avant de la chasser lorsqu’elles apprendront ma mort. Cette pensée me tirait un sourire. Je m’imaginais mal une bande de bonne femmes de Dieu mettre à la porte une fillette de… Quel âge pouvait-elle bien avoir maintenant… Peu importe. La lettre lui indiquait où elle pourrait trouver son père. De mon doute sur le fait qu’il la reconnaisse. Je lui racontais aussi qui j’étais, ce que j’avais fait et où elle pourrait trouver les recettes de mon dernier coup. Une fois tout ça fait, je repris la route. Malgré que j’étais certaine de m’en sortir, une drôle d’émotion m’envahissait. La certitude que je faisais ce que je devais faire. Même si cela devait m’être fatal. J’étais étrangement calme, sereine.

La deuxième missive qui quitta mes mains était destinée à la femme du connétable du Languedoc. Je l’avais choisi pour deux raisons. Je lui avais promis vengeance. À elle et son gardien du troisième âge. Je savais aussi qu’en la menaçant, son mari déploierait l’armée ou du moins plusieurs soldats pour la protéger. Cette distraction suffirait à détourner l’attention de ceux qui pouvaient encore fuir. L’opération, en théorie du moins, était facilement réalisable. Je pourrais ensuite continuer ma route vers le nord et rejoindre Anthelme quelque part et continuer la vie là où nous l’avions arrêté, sur la route. C’est là que nous étions bien lui et moi, couvert de poussière, dormant à la belle étoile.

Ce soir là, une fois ces quelques détails réglés je repartie vers le Languedoc à la rencontre de mon destin, espérant à jamais marquer l’histoire des brigands.
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Charlie
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MessageSujet: Re: Ma vision de l'affaire   Mer 20 Aoû 2008, 04:26

Ce soir je suis morte.

J'emporte avec moi beaucoup plus de beaux souvenirs que de pensées amères. Je suis heureuse car je suis morte dans le seul endroit où j'étais heureuse, sur la route.

Pour l'éternité j'aurai l'odeur de la poussière des chemins, la vision d'un ciel noir étoilé, le goût du sang, le son des chairs qui se déchirent et du métal qui s'entrechoc. À jamais je toucherai la terre, celle qui m'a rendu la fierté d'être brigande, celle qui m'a permise d'être libre.

Je ne sais ce qui m'attend après ce soir, je ne sais même pas si quelque chose m'attends, mais j'en suis sereine. Ma vie a été remplie. Amis brigands, je veillerai à jamais sur vous.
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