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 la vie ordinaire d'une femme ordinaire

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la main du diable
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MessageSujet: la pendaison   Sam 07 Juin 2008, 23:54

[Jour de la pendaison]

La nuit avait été d'un silence mortel. Pas de bruits des rues, pas d'esclandres entre 2 ivrognes n'étaient parvenus jusqu'à la petite ouverture de la sordide pièce. la Main avait eu du mal à dormir entre ces pensées obsédantes pour l'homme qu'elle aimait et avec qui elle aurait préféré passé la nuit et les images de corps à moitié décomposé qui se balançaient au bout d'une corde.

Ivre Junior avait réussi à la retrouver malgré l'immensité du batiment. Tant de murs, tant de fenêtres n'avaient pas eu raison de l'obstination du volatile. Longuement, il était venu se poser sur l'épaule de sa maitresse et l'avait écouté sans rien dire (normal, ça parle pas un pigeon). Ce n'était que bien plus tard qu'il rejoignit ses compagnons d'infortune: Altaïr l''étalon et Boulasse la mule.

La discrète lueur qui parvenait de la fenêtre fit comprendre à la jeune femme que le moment fatidique devenait proche et qu'il ne lui restait plus que quelques instant avant de se retrouver devant la populace à danser dans le vide. Bientôt la place serait noire de monde, bientôt ils allaient tous afficher un sourire satisfait.

Sa peur disparaissait petit à petit au profit d'une volonté de confrontation avec la foule haineuse.



Un garde ouvrit la porte brusquement la porte et plusieurs femmes entrèrent sans rien dire, la tête baissée, et déposèrent par terre et sur la paillasse, un broc rempli d'eau fraiche, une vasque, une longue chemise propre. Elles repartirent sans un mot et le garde gloussa avant de refermer la porte:

On aime les belles femmes alors mettez-vous en beauté, le spectable n'en sera que plus appréciable... D'ailleurs... si vous avez besoin de moi pour assouvir quelques pulsions... vous voyez ce que je veux dire!!!!... appelez-moi, je suis votre homme!!!!!

La lourde porte claqua au mileu d'un rire gras et tonitruant sous le regard noir de la jeune femme.
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MessageSujet: la pendaison   Sam 07 Juin 2008, 23:58

Capeluche a écrit:
L'annonce avait attiré de la foule..
L'apprenti s"adressa à la populasse, noble ,gueux & marchands, d'une voix qui fit taire les spectateurs, d'une voix froide, et puissante :


Habitants du Périgord- Angoumois !

Aujourd'hui est un jour spécial, un jour dont le divertissement bat à son plus haut !

Il n'y aura pas de dresseurs d'ours, ni de jongleurs de boules de flammes !
Mieux encore !

Oui, vous m'avez bien entendu !!


Plus un bruit désormais. Tous l'écoutait, le suspence était à son comble..

Je vais avoir le plaisir de pendre 3 brigands !


Pour l'occasion, j'ai créé une machine des plus redoutables.....


Qu'on m'amène la roue-double !!

Des légers cris de joies se fesaient entendre, d'autres se demandaient ce qu'était bien cette "machine" que le bourrel parlait...

Lui le bourreau fit signe à ses assistants d'approter la chose..


C'était un système assez simple...
... Sur une grande affiche qui venait de se dérouler le haut de l'échafaud, l'on pouvait y voir un schéma-certainement fait avec du sang de porc pour le rouge, et du sang de noble pour le bleu- :




Une explication allait se faire sur le mécanisme de la roue-double.. Le bourrel, levant sa main gauche en l'air, cherchait à obtenir le silence...
Désormais, il expliqua :


J'aime la mort lente ! Et les pendaisons qui se feront là-dessus, seront les plus longues que vous n'aurez jamais vu ...

En haut de l'échafaud, à 8 mètres du sol est fixée une roue. Cette roue a sur elle, une corde.
La corde tombant des deux côtés, gauche et droite, a un noeud coulant de chaqun de ces côtés.

Sur l'estrade de l'échafaud, les prisonniers seront debout. Ils passeront leurs têtes dans les noeuds coulant.
A leur pieds, des trapes : on attachera leurs pieds avec des cordes. Ces cordes seront tirées par 2 personnes.

Le but du jeu, est que lorsque les servants a gauche tireront sur la corde des pieds, cela entrainera le détenu tiré vers le bas- donc une douleur sur la mâchoire- et grâce à la longue corde, qui monte à la roue et qui redescend sur l'autre condamné, celui-ci montera en l'air, et sera pendu par son poids !

Mais..... Croyez-vous qu'ils mourront instantanément ? Non, bien sur que non...


Un se mit à rire. Un sourrire sur son visage se dessinait..

Les servants altèrneront les montées-descentes... Ce qui augmentera la douleur au niveau du cou, de la machoire... Les pendus seront soient tantot dans la douleur du manque d'oxygène, soient dans le dénuquement de la traction de haut en bas...

Et là, son explication finie, la foule éclata . Chaqunes des personnes présentes étaient étonnées de l'invention mortelle de leur bourrel...

A la gauche ! Sera pendu La Main du Diable !!!

A ma droite ! Sera pendu le dénomé Nilas !!

Le bourreau, remarquant que certains gueux avides d'argent commencaient déjà les paris, sourriait dans son coin, seul... La populasse n'avait pas encore écouté toutes les surprises...

Mais nous avons un autre homme, un candidat de dernière minute !!

Oui, vous avez bien entendu .... 3 pendaisons !
La dernière, s'effectuera le plus lentement possible...

L'homme prénomé DeGaulles, sera accroché au piquet sur l'échafaud...
Vous aurez le choix de lui balancer des tomates pourries ou des pommes pas du tout mûres !
Mais... Je lui mettrait autour du cou un simple foulard gorgé d'eau...

Oui !! Vous avez bien entendu !!


On pouvait entendre des grognements de mécontentement... La populasse déçue par cette mort annoncée si... Faible, huait le bourreau..
Je n'ai pas fini !! Silence !!

A nouveau, le silence règna.. Bien que les gueux se jettaient des regards se demandant ce qu'il pouvait bien se passer, le bourrel continua...

Le temps va le tuer !!....
Le soleil est à son plus haut ces jours-ci...
L'eau qui est dans le foulard va s'évaporer petit à petit...
Qui dit moins d'eau, dit forcément asséchement.... Le foulard va se rétrécir de plus en plus, serrant de plus en plus le cou du condamné...
Et encore une fois, il aura de plus en plus de mal à respirer...Il mourra asfixié en manquant d'air !!
Et le tout !! Il sera suspendu en l'air, le plus haut possible, le plus prêt du soleil.........


Haaaa... Les spectateurs venaient de retrouver le sourrire... Les chapeaux voltigeaient en l'air.. Les applaudissements résonnaient sur la place de l'échafaud..

Et maintenant !!
Que l'on m'amène les 3 détenus !!
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la main du diable
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MessageSujet: la pendaison   Dim 08 Juin 2008, 00:12

[hrp] c'est une fin possible mais qu'est-il arrivé vraiment????[/hrp]

Ses habits à terre, la main du diable se lava comme elle put et mit la robe qu’on lui avait apportée. Elle tressa ses cheveux lentement, doucement, enroula la tresse sur sa nuque et fit tenir le chignon en plantant la plume offerte par le corbeau. Elle était enfin prête pour la dernière phase de sa vie.
Les gardes ne tardèrent pas à venir la chercher. Avec leurs manières brusques et sans délicatesse, ils la attachèrent les mains et poussèrent dans le couloir sombre et à l’odeur fétide. Ils étaient heureux de leur poste ce matin-là, heureux de la pousser vers le gibet et malheureux de n’avoir pas pu profiter de son corps. Car la main du diable restait belle malgré ses blessures et fière aussi d’être ce qu’elle était. Ils l’accompagnèrent à travers le château jusque dans la grande cour. Elle se retrouva tout à coup en pleine lumière, ses yeux se fermèrent devant l’éclat du soleil, c’est vrai qu’elle avait perdu l’habitude dans sa minable geôle. Elle mit ses mains devant son visage avant de rouvrir ses yeux. Ils l’amenait vers le centre de la ville, l’ambiance était bizarre, étrange : le bruit des bottes des gardes couvrait des croassements épars. La jeune femme baissa les mains et leva les yeux. Elle eu un léger sourire devant le spectacle plus qu’insolite : des milliers de corbeaux s’étaient donnés rendez-vous sur les toits de la ville.
Au fur et à mesure qu’elle marchait toujours, entourés des gardes, vers la place publique, ses pieds nus, la tête droite, elle entendait les applaudissements et les cris de la foule. Elle regardait devant elle tous ses gens qui étaient venus pour la voir. Elle espéra au moins qu’ils était fiers de leur justice. Au loin, un bruit de fond sous le grondement de la populace, une musique se faisait entendre, une mélodie presque imperceptible qui lui rappelait un chant de son enfance. Elle se mit à chanter.


Un étranger est arrivé, un beau soir
De son pipeau, il tirait des sons bizarres
Ses longs cheveux lui donnaient l’air d’un vagabond
En ce temps-là, la ville était envahie
Par tous les rats venus du fond du pays
Privés de pain, les habitants mouraient de faim.

Le musicien leur dit : si vous voulez
Je peux, sur l’heure, du fléau vous délivrer.
Pour 1000 écus, le marché fut bientôt conclu.
Devant l’église, il joua de son pipeau,
Comme un berger, pour rassembler son troupeau
Et de partout les rats sortirent de leur trou.

On vit les rats qui le suivaient dans la rue
Chemin faisant, ils étaient cent mille et plus
Il les mena à la rivière et les noya.
C’est un sorcier, s’écrièrent les bourgeois.
Tout le pays le désignait du doigt,
A coups de pierre et sans argent, ils le chassèrent.

Tout le village le dormait paisiblement,
Lorsque, soudain, on entendit dans le vent
Un doux refrain que les enfants connaissaient bien.
Les petits enfants, dans leurs chemises de nuit,
Cherchaient le vent et le pipeau, dans la nuit.
Ils arrivèrent à la rivière et se noyèrent.


Le gibet était là devant elle. Les gardes venaient de s’arrêter devant et l’exhorta à monter les quelques marches qui devaient la mener au bourrel. Comme d’habitude, il était caché sous sa capuche pointue et attendait avec impatience de pouvoir faire son office. Bien que simple homme de main du juge, il devait avoir l’esprit plus que tordu. Son gibet avait rien d’usuel, elle était d’une originalité perverse. Il avait sûrement trouvé qu’elle n’avait pas encore eu sa juste peine. Au fond, bien cachés dans leurs carrosses, les nobles espéraient assister à un spectacle contentant leur soif de vengeance et de supplices.

Elle monta les marches une à une et se retrouva sur le gibet sur le lieu de sa propre mort. La main fixa le bourrel sans peur et lui dit.


Me voilà, bourrel… dommage pour votre superbe machine mais je suis seul à être pendue. Alors… à moins que vos ne vouliez faire mon contre-poids, il va falloir revoir votre plan. Je crois avoir une dernière volonté à satisfaire non ? Je souhaite parler aux habitants du comte de Périgord.

Elle se tourna vers la foule et attendit qu’elle se taise. La mélodie était là présente, les notes s’entendaient de mieux en mieux.

Femmes et hommes de ce comté et d’ailleurs, j’espère que vous êtes fiers de votre justice et de ceux qui la font. Moi, Erbigaël de Ventadorn, dict la Main du diable, je me pose toujours des questions… voyez… votre pauvre bourrel aurait pu faire fonctionner 2 de ses jouets aujourd’hui mais voilà… pas de chance… Nilas, le chef de l’armée Nihil Obstat, et Degaulles, un simple soldat sont partis loin de chez vous avant la fin de leur procès. Ils ont donc été jugés par défaut. Et puis, ce que vous ne savez pas… le bras droit de Nilas, le dénommé Siuol, n’a eu que 10 jours de prison alors que lui avait déclaré : « ouep je faisais partie de l'armée de Nihil Obstat.
ouep j'en ai tué des tas... ma lame a rougie du sang des Perigourdins. Je le regrette mais ils m'ont attaqué les premier... J'y peut rien. C'est un peu de la legitime defense non? » . Preuve de votre justice impartiale et équitable. Remarquez ce siuol doit être un traitre à notre cause.


Elle s’arrêta un instant pour regarder les visages surpris de la foule puis reprit.

Votre procureur avait parlé de la couleur de mon âme. Quand je vous vois, je pose des questions. Qui a la plus noire ? Moi pour avoir attaqué votre ville ou vous pour vous délecter d’un spectacle aussi salace. Et votre comte ? Est-il là ? J‘aurais voulu lui poser des questions et voir les réponses avant de mourir… Car savez-vous les rumeurs qui circulaient à nos veillées… cela nous faisaient bien rire, j’espère que vous en feraient autant… il parait que votre comte devait ravitailler l’armée Nihil Obstat vous y croyez vous ? Moi j’ai des doutes vu l’attaque que nous avons subi. Il parait aussi que Cahors est devenue une ville franche juste pour qu’il puisse la rattacher à votre comté. Cela parait impossible non ? Imaginez les tensions que vous auriez eu à subir avec le duché de Guyenne !!!

Elle se tut à nouveau évitant de citer les révélations hasardeuses des relations douteuses du comte et de sa demi-sœur. La mélodie était proche maintenant, à quelques pas de la place.

Je vous souhaite de vivre heureux et longtemps dans votre duché.

Elle leur fit une révérence et siffla. Ce qui suivit ne laissa personne indifférent. Tout alla vite, très vite, trop vite pour certains… Un homme apparut au coin d’une rue, pieds nus, un bonnet sur sa chevelure hirsute. Il jouait de la flûte et précédait des centaines, des milliers de rats. La mélodie s’arrêta et les rongeurs se dispersèrent dans la foule. Il y eut un mouvement de panique. Les gens se bousculèrent, se marchèrent dessus, écrasant même ceux qui étaient tombés. En même temps, les corbeaux s’étaient rassemblés au-dessus de la place et fondirent sur tous ceux qui portaient des armes. Donnant des coups de becs dans les yeux sur les mains. Les gardes étaient obligés de lâcher leur épée, leur hallebarde et leur dague essayant surtout de se protéger les yeux. Rien ne semblait plus réel, tout le monde vivait un cauchemar les yeux ouverts. Altaïr avait aussi compris le signal, ivre lui avait donné les consignes. Il obligea le manant qui s'occuper de lui à lâcher le licol pour aller juste devant le gibet. Dès qu’il fut assez proche, la jeune femme sauta dessus et quitta la place dans un galop du tonnerre.
Les corbeaux repartirent enfin pour rejoindre la forêt, le meilleur refuge ; les rats se dispersèrent dans les rues de Périgueux avant de s’enfouir dans les caves et autres décombres malsains. La grande place se retrouva vide et presque silencieuse. Les soldats n’avaient pas fui comme les nobles qui n’avaient pu bouger leur carrosse. Le gibet trônait toujours au milieu, avec personne au bout des cordes, seulement le bourrel.

La main avait promis du spectacle, il y en eu.
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MessageSujet: après...   Mer 15 Oct 2008, 23:05

Beaucoup de temps avait passé depuis l'attaque de Périgueux. Pendant des jours, pendant des semaines elle avait erré entre les routes et les monastères. Elle avait eu besoin de silence, de solitude. Et puis Wolfe Tone était mort. Elle savait bien que cela arriverait mais pas comme ça, cela n'aurait pas du se passer comme ça. Ils ne s’étaient même pas dit adieu. Il avait quitté Périgueux après l'attaque pour ne pas être jugé, il avait promis de revenir et ... il n'était jamais revenu. Manque de courage peut-être... peur de s'attacher... Puis il était parti dans le sud de la France sans l'attendre. La main ne lui en voulait même pas, elle aurait juste voulu s'embrasser une dernière fois.
Elle avait repris la route jusqu'à Uzès, cherché sa tombe et n'avait trouvé qu'un amas de pierre. Il était enterré là, sans vie, sans une dernière fois être désagréable. Il était mort comme il avait vécu. Que faire maintenant? La cause des Gùsas avait l'air perdu. Sa seule attache était encore ville franche mais restait-il encore un brigand?
Ce qui était sur c'est qu'elle n'était pas morte et qu'il y avait encore beaucoup de bourses à décrocher. En route donc...
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MessageSujet: un retour...   Sam 15 Nov 2008, 22:48

Les routes, toujours les routes... Mais quel plaisir de se retrouver seule sur les chemins. En retournant vers Villefranche, quelques honnêtes gens lui avaient gentiment donné les quelques écus qu'ils possédaient. Il est clair qu'avec son maigre butin, elle n'allait pas s'offrir un château. Et puis qu'aurait-elle fait d'un château? Si elle avait voulu, elle aurait pu en avoir un sans bouger de son village.

Adossée contre un arbre, sur le flanc de la colline, elle s’était accordé une pause avant de rentrer dans sa ville. Altaïr broutait paisiblement en contrebas tandis que boulasse se reposait pour récupérer les forces qui l’avait épuisé durant la route. Il est vrai que La main leur avait imposé une cadence soutenue. Heureusement que quelques embuscades tendues avaient permis aux bêtes de souffler un peu.

Le soleil avait, depuis longtemps, entamé sa descente vers l’horizon. La nuit n’allait plus tarder. Elle referma sa besace, siffla un coup pour rassembler ses bêtes. La mule secoua la tête pour manifester sa désapprobation et le cheval s’avança doucement vers sa maitresse. Une fois en selle, La Mano reprit la route, au pas, vers Villefranche. Elle passa les portes sans difficultés, salua quelques paysans rentrant des champs et se dirigea vers le nord, vers le barri Menestral. Dans le quartier, beaucoup de portes fermées, de volets clos... Elle savait que certains des Gusàs avaient péri depuis les attaques en Périgord. Elle s’arrêta enfin devant chez Wolfe Tone. Elle regarda la chaumière tristement, ravalant ses larmes… Une fois les bêtes installées à la remise, elle entra dans la pièce principale, froide et sombre. Elle frissonna un instant mais ne chercha même pas à allumer de feu. Elle marcha lentement, la main caressant les meubles avec, dans sa tête, une envie de tout casser. Son regard s’arrêta par-delà la fenêtre sur son échoppe qu’elle n’avait finalement jamais ouverte.

Laisser le passé derrière, ne pas être nostalgique, cela ne sert à rien de pleurer, il faut aller de l’avant. Brusquement, elle se dirigea dans la pièce arrière, chercha dans les coffres quelques vêtements chauds pour l’hiver. Par sa même occasion elle empocha un foulard de Wolfe Tone, un qu’il mettait sur la tête pour les brigandages ou lorsque le soleil tapait un peu fort. Elle sortit rapidement et traversa la rue. Une lourde clé sortie de la poche lui permit d’entrer dans l’échoppe de médecine. Rien n’avait bougé… si ce n’est la couche de poussière. Les instruments qui restaient, les fioles, les pommades entassèrent dans la besace que La Main avait toujours avec elle, en bandoulière. En repartant elle ne prit pas la peine de refermer la porte, de toute façon elle avait laissé la clé sur la table.
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